Bienheureux Louis-Édouard Cestac, Fondateur. Fête le 27 Mars.

Mercredi 27 Mars 2024 : Fête du Bienheureux Louis-Édouard Cestac, Fondateur de la Congrégation des Servantes de Marie (1801? 1868).

Louis edouard cestac vitrail

Vitrail du Couvent Saint-Bernard réalisé par le maître verrier Charles Carrère en 2001 et représentant le Père Cestac

https://nominis.cef.fr/contenus/saint/12897/Bienheureux-Louis-Edouard-Cestac.html

Bienheureux Louis-Edouard Cestac

Fondateur des Filles de Marie (? 1868)

Louis-Edouard Cestac (1801 - 1868), Prêtre diocésain français, Fondateur des Filles de Marie, déclaré Vénérable le 07 Avril 1908 par Pie X.
Le 13 Juin 2014, promulgation par le Pape François du décret de reconnaissance de miracle lui étant attribuée.
La cérémonie de la Béatification du père Louis-Edouard Cestac a eu lieu le 31 mai 2015 à la Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.

La Congrégation a été fondée à Anglet en 1842, par un Prêtre du diocèse de Bayonne, le Père Louis Edouard Cestac...
Vicaire à la Cathédrale de Bayonne, le Père Cestac fut bouleversé par la situation des fillettes errantes et par celles des jeunes adolescentes prostituées.

Il fonde successivement en 1836, le Grand Paradis à Bayonne pour les orphelines et en 1839, Notre Dame du Refuge pour donner un espace re-créateur aux adolescentes blessées par la vie.
Accoutumé à l’accueil des pauvres et sûr de la Tendresse de Dieu pour les plus démunis, le Père Cestac trouve en Marie, le guide et le soutien de toutes ses initiatives. Sa confiance en Marie, le poussera à se nommer lui-même Serviteur de Marie.

Rien ne prédisposait l’Abbé Cestac à devenir un expert en matière agricole: ni sa naissance en plein cœur de la ville de Bayonne dans une famille de petite bourgeoisie, ni ses études qui le préparaient à l’état ecclésiastique, ni ses premières fonctions dans l’Église : professeur au Séminaire de Larressore, puis vicaire à la Cathédrale de Bayonne.

Quant à ses aptitudes naturelles, si son talent musical et son intelligence intuitive ne le rapprochent guère de l’agriculture, sons sens pratique reste un atout.
Il mourut 27 Mars 1868, à Anglet, à Notre-Dame du Refuge, où il repose.

- Les Saints du diocèse de Bayonne, l'essentiel de l'Année Cestac et de la Béatification.
- Présentation des Servantes de Marie, site de la conférence des Religieux et Religieuses de France
-Notre-Dame du Refuge
-Le père Louis-Edouard Cestac: un futur bienheureux français, au service des pauvres, diocèse de Bayonne
-Un cimetière de sable au Refuge à Anglet!
diocèse de Bayonne
- vidéo: Hommage public à Louis-Edouard Cestac

-Paroisses Louis Edouard Cestac et Saint-Jean l'évangéliste, Anglet
A lire Louis-Edouard Cestac, éditions Artège:

Jeune Prêtre, l'Abbé Louis-Édouard Cestac est scandalisé par la misère des enfants, jeunes filles mendiantes ou prostituées.
Il initie alors une œuvre d'accueil en s'ingéniant à développer une pédagogie et des formations adaptées.
Il permettra ainsi à des centaines de jeunes filles de se reconstruire et préparer leur avenir, les arrachant définitivement à leur condition de malheur.

L'Abbé Cestac laisse à sa mort, en 1868, une Congrégation de plus de 900 Servantes de Marie, avec une branche Contemplative, les Bernardines; et quelques 150 maisons (écoles, orphelinats, etc.) dans plusieurs départements et en Espagne.

L'accès à la riche documentation et aux archives des Servantes de Marie a permis à l'historien Yves Chiron de nous conter ici le récit d'un homme et d'une œuvre originale, entièrement guidée par une immense dévotion à Marie.


L’éducation ne pouvant se réaliser chez nous qu’avec l’instruction, répandez l’une et l’autre...
P. Cestac

Louis edouard cestac jeune

Peinture de famille de Louis-Edouard Cestac jeune

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-%C3%89douard_Cestac

Louis-Édouard Cestac

Louis-Édouard Cestac (Bayonne, 6 Janvier 1801 - Anglet, 27 Mars 1868) est un Prêtre Fondateur des Servantes de Marie d'Anglet et reconnu Bienheureux par l'Église catholique.

Le Prêtre.
Louis-Édouard naît à Bayonne le 6 Janvier 1801 au numéro 45 de la rue Mayou (aujourd'hui 57 rue d'Espagne).
Son père, Dominique Cestac, ancien « chirurgien de la marine », est devenu chirurgien de la ville et des prisons.
Sa mère, Jeanne Amitessarobe, est d'ascendance basque espagnole.
Il a une sœur aînée, Marianne, et une cadette, Élise (1811-1849) qui deviendra sa collaboratrice.

Vocation précoce, Louis-Édouard Cestac commence ses études à l'école Saint-Léon de Bayonne, où il côtoie Michel Garicoïts, puis au petit séminaire d'Aire-sur-Adour, devient séminariste à Bayonne et, enfin, au grand séminaire de Saint-Sulpice à Paris, avant d'être renvoyé dans le Sud-Ouest pour raisons de santé.
Il est nommé au Petit Séminaire de Larressore.

Tout en poursuivant sa formation ecclésiastique, il devient professeur. Il est ordonné diacre le 26 Juin 1825 et Prêtre le 17 Décembre 1825, à l'âge de 24 ans.
Le 27 Août 1831, l'Abbé Cestac est nommé vicaire à la Cathédrale de Bayonne, à l'âge de 30 ans.

Inventif pour les pauvres.
La nomination à la Cathédrale est le tournant de la vie de l'Abbé, qui se voit confier « l'apostolat extérieur ».
De son propre témoignage, le spectacle de la misère des orphelines des faubourgs l'émeut et le pousse à soulager ces enfants.
Il fonde pour elles un foyer d'accueil dès 1836, dans une maison prêtée par la ville de Bayonne et dénommée Le Grand Paradis.

Dès l'année suivante, il se trouve engagé au service des jeunes femmes qui souhaitent quitter la prostitution.
Pour elles, il achète le 24 Novembre 1838, et à crédit, un domaine agricole situé à Anglet : le domaine Châteauneuf qu'il appellera Notre-Dame du Refuge.
Avec quelques éducatrices bénévoles, il organise pour ces jeunes femmes, appelées à l'époque « pénitentes », un projet d'éducation fondé sur l'Amour de Marie, la liberté et le travail.

Fondateur d'une Congrégation.
En 1842, les quatorze premières collaboratrices se Consacrent à Dieu par des vœux Religieux.
L'Abbé Cestac leur donne une règle de vie qu'il a écrit à la Trappe de Melleray en 1839 et à Bétharram en 1841, chez le Père Michel Garicoïts son ami.
La Congrégation des Servantes de Marie est ainsi fondée le 6 janvier 1842.

Parmi ces premières Servantes de Marie, retenons trois noms :

  • Élise Cestac, Sœur Marie-Madeleine, sœur et filleule du Fondateur, considérée comme Co-Fondatrice ;
  • Gracieuse Bodin, Sœur Marie-François de Paule, qui, à 20 ans, accepta d'accompagner les premières prostituées accueillies. Elle sera la première Supérieure générale de la Congrégation ;
  • Marie Supervielle, Sœur Marie-François de Sales, qui organisa le travail dans la Communauté naissante de Notre-Dame du Refuge.


Le 12 décembre 1851, naît la branche Contemplative des Solitaires de Saint Bernard ou Bernardines.
Cette branche accueille les « pénitentes » désireuses d'une Vie Religieuse vouées à la prière et au travail dans la solitude. Elles tiennent leur nom de l'austérité de leur vie, qui évoque la règle Cistercienne.


À partir de 1852, après la reconnaissance officielle de la Congrégation par un décret du 14 décembre 1852, il envoie ses Religieuses dans de nombreux villages ruraux pour ouvrir une école (120 écoles – 10 départements).
Pour ses jeunes institutrices, il invente une méthode de lecture.

L'impératrice Eugénie est venue prier à la chapelle de paille de Saint Bernard (à Anglet) pour demander un fils.
L'Abbé Cestac assura publiquement que sa prière serait exaucée.

Agronome.
Pressé par le besoin de nourrir les jeunes accueillies à Notre-Dame du Refuge et au Grand Paradis, l'Abbé Cestac cherche d'abord à exploiter au mieux les terres dont il dispose.
Après l'urgence, la perspective s'élargit : en travaillant à l'essor de l'agriculture, l'Abbé Cestac a conscience de coopérer aux intérêts de la région.
Il fait de Notre-Dame du Refuge un lieu d’expérimentation et d’innovation pour une agriculture plus prometteuse.

Élu président du comice agricole de Bayonne en 1857, le Fondateur de Notre-Dame du Refuge est décoré en 1865 de la Légion d'honneur par Napoléon III, pour son action sociale et agricole.
Il meurt en 1868.
Le tombeau du Bienheureux Louis-Édouard Cestac se trouve à Notre-Dame du Refuge à Anglet.

Béatification.
Le 7 Avril 1908, le Pape Pie X signe le décret d'introduction de la cause de l'Abbé Cestac. Cette étape lui confère le titre de « serviteur de Dieu ».
Le 13 Novembre 1976, le Pape Paul VI promulgue le décret d'héroïcité des vertus qui lui donne le titre de Vénérable.
Le 13 Juin 2014, le Pape François promulgue un décret lui attribuant un miracle. Cette reconnaissance permet la Béatification.

Louis-Édouard Cestac est Béatifié à la Cathédrale de Bayonne le 31 Mai 2015 par le Cardinal Amato en présence de l'ordinaire du diocèse, Mgr Marc Aillet, et d'une dizaine d'autres Évêques.
Sa Fête est fixée au 27 Mars.

Citations.

  • « Ma vie s'est passée au milieu des pauvres et des petits. Je les aime et je sens tout ce qu'on leur doit d'intérêt et d'amour… » (au Prince Président, le 5 Janvier 1852)
  • « La semence qui germe du jour au lendemain n'a qu'une durée de quelques jours ; celle qui semble dormir des années dans la terre produit des arbres qui traversent des siècles. » (29 Septembre 1856)
  • « (L'enfant) est comme une plante précieuse qui doit un jour porter de grands fruits, mais qu'il faut développer par une culture sage, intelligente et suivie. » (10 Février 1867)
  • Aux Sœurs institutrices : « Dans vos classes, chacune de ces chères petites, assises sur vos bancs, renferme tout un avenir et quelquefois un grand avenir. » (10 Février 1867)
  • « Vous avez dans le Ciel une Mère qui vous aime. Y pensez-vous ? L'aimez-vous ? »
  • « Un père, une mère, des frères, des sœurs, l'ensemble d'une parenté qui vous environne, exercent une influence secrète mais puissante, qui touche au fond de l'existence morale... » (20 Avril 1847)
  • « Dieu nous a donné une mère et lui a confié tous nos intérêts. »
  • « Les discussions, quand elles se font avec l'excellent ton d'urbanité et les égards que les divers membres auront toujours les uns pour les autres, seront d'une grande utilité, car c'est du choc des opinions que souvent jaillit la lumière. »
    (À un membre du comice agricole, 12 Avril 1857)
  • « De tous les liens qui retiennent les jeunes personnes dans le devoir, les plus forts, les plus puissants, sont ceux de la famille. » (20 Avril 1847)

Pere cestac photo

Photographie non datée du Père Cestac

http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/temoigner/temoins/455324-bienheureux-louis-edouard-cestac-1801-1868-secours-orphelines-prostituees/

Bienheureux Louis-Édouard Cestac (1801-1868),
au secours des orphelines et des prostituées

Béatifié à Bayonne le 31 Mai 2015 en présence du Cardinal Angelo Amato, Louis-Édouard Cestac témoigne d’un souci admirable de l’autre, d’une charité en actes, d’un effort de transformation de la société.
Dans la prière mariale, il confirme ses intuitions pour sortir les fillettes et les jeunes filles de la misère.
Par Florence de Maistre.


Prêtre et pédagogue, Louis-Édouad Cestac s’attache avant tout à répondre aux besoins de son temps et aux appels des laissés pour compte de la société.
Tout au long de sa vie, il n’a de cesse d’éprouver, d’expérimenter et de développer des projets d’accompagnement éducatif concrets, à la fois immédiats et durables.
Son œuvre s’inscrit dans le contexte social et politique de la première moitié du XIXe siècle. Elle débute à Bayonne avec une attention particulière aux prostituées précoces, elle s’étend aux orphelines et se développe avec la création d’écoles dans les campagnes.
Fruit, alors, d’un sens exemplaire du service de l’autre et de l’Amour de Dieu, elle perdure aujourd’hui encore sous de nouvelles formes.

Un enseignant passionné
De son père, chirurgien de marine, il apprend l’obéissance. De sa mère, lui vient sûrement sa profonde piété mariale.
Louis-Édouard a trois ans, les médecins n’arrivent pas à le soigner.
Elle le confie, en pèlerinage, à la Vierge du Sanctuaire Saint-Bernard au Boucau, où il est miraculeusement guéri !
Il révèle ses qualités de pédagogue auprès de sa sœur cadette Élise et deviendra son conseiller spirituel, avant qu’elle ne s’engage à ses côtés comme sa plus proche collaboratrice.

Étudiant en théologie, il enseigne dès 1822 la musique, les mathématiques puis la philosophie au Petit séminaire de Larressore.
À la fin de l’année 1825, à 24 ans, il est ordonné Prêtre. Il exerce encore pendant six ans sa passion de professeur.

Protéger l’enfant, accompagner son développement
« Ma vie s’est passée au milieu des pauvres et des petits. Je les aime et je sens tout ce qu’on leur doit d’intérêt et d’amour »
(Lettre à Louis-Napoléon Bonaparte, Janv. 1852).

En Août 1831, l’Abbé Cestac est nommé vicaire à la Cathédrale de Bayonne et devient le « confesseur des pauvres ».
Il mesure alors la détresse des jeunes filles, livrées à elles-mêmes, « exposées à tous les dangers » dans les rues et sur les chantiers navals à Bayonne.

En Juin 1836, il écrit au maire de Bayonne une lettre qui fait un état des lieux sans concession et qui rend compte de son dessein : accueillir ces jeunes enfants de 11 à 13 ans dans des conditions sanitaires satisfaisantes, leur donner une éducation pratique et religieuse, afin de prévenir dérives et risques de prostitution.

Le mouvement du cœur se transforme en véritable projet de réhabilitation au sens moral et social. Il s’agit de donner aux enfants les moyens de s’en sortir, d’être actrices de leur propre développement en acquérant le goût du travail.
L’Abbé Cestac s’appuie sur des jeunes femmes bénévoles pour encadrer les premières pensionnaires.
La ville de Bayonne prête la maison dite du « Grand-Paradis ». L’œuvre naissante est placée sous la protection de la Vierge Marie.

Tenace malgré les obstacles
« Je promis au Seigneur de travailler tous les jours de ma vie à préserver les jeunes innocentes et à retirer celles qui s’étaient perdues » (Oct. 1839).
Dès la fin 1837, faute de place dans les institutions spécifiques, l’Abbé Cestac héberge dans le grenier du Grand-Paradis les prostituées (les Pénitentes) qui souhaitent sortir de leur condition et se convertir.
Scandale, polémiques, les difficultés sont nombreuses.

Mais il reçoit de la Vierge cette parole intérieure : « Ne me demande que mon esprit » et reprend confiance.
En 1838, il fonde Notre-Dame du Refuge dans un domaine agricole à Anglet. « C’est le silence, le travail et la prière qui sont les moyens de régénération ; c’est la douceur, la persuasion, la bonté qui préside à la direction de la maison, car on ignore ce qu’il y a généralement de sensibilité dans un cœur dégradé », écrit-il à ses détracteurs en 1839.

Amour, liberté et travail : la démarche est similaire à ce qui se vit au Grand-Paradis. Novatrice et audacieuse, elle se déploie également dans une véritable aventure agricole.
En quelques années, Notre-Dame du Refuge devient une ferme modèle.

Fonder des écoles
En 1842, la Congrégation des Servantes de Marie est fondée avec les premières « éducatrices ».
Neuf ans après, la branche Contemplative des Bernardines nait avec les Pénitentes qui aspirent à une vie retirée du monde.
Une première Communauté de Sœurs se met au service d’un lycée toulousain, d’autres établissements les invitent aussi.
En 1850, la loi autorise la liberté d’instruction, l’appel est plus pressant. Il s’agit de fonder des écoles pour les petites filles des communes rurales.

Avant de répondre à ce nouveau défi, le P. Cestac s’assure de la formation d’institutrice des Servantes de Marie.
Il s’y intéresse au point d’inventer avec une Sœur le Syllabaire : une méthode d’apprentissage de la lecture et un manuel d’instruction religieuse.

Aux Sœurs, il recommande : « L’éducation ne pouvant se réaliser chez nous qu’avec l’instruction, répandez l’une et l’autre… » et « dans vos classes, chacune de ces chères petites, assises sur vos bancs, renferme tout un avenir et quelquefois un grand avenir » (1867).

Élu président du comice agricole de Bayonne en 1857 et décoré de la légion d’honneur pour son action agricole et sociale en 1865, l’Abbé Cestac meurt le 27 Mars 1868 à Notre-Dame du Refuge, où il repose.

Cette année-là les Servantes de Marie sont plus de 900, accompagnent près de 200 Pénitentes et conduisent 150 écoles.
Toujours au service des plus démunis, elles œuvrent aujourd’hui en France, en Espagne, en Amérique Latine, en Afrique et en Inde.

Au jour de la Béatification de Louis-Édouard Cestac, le Pape François a souligné : « Son témoignage d’Amour de Dieu et du prochain est pour l’Église un nouvel encouragement à vivre avec joie l’Évangile de la Charité».
À lire : Louis-Édouard Cestac, biographie par Yves Chiron, Éd. Artège (2012), préface de Mgr Marc Aillet.

Bienheureux louis edouard cestac

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Date de dernière mise à jour : 27/03/2024

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