16. Les Béatitudes...3ème Partie.

LA PAIX DU SEIGNEUR SOIT AVEC VOUS, VOTRE FAMILLE ET VOS PROCHES.

LES BEATITUDES…3ème Partie.

 

TROISIEME PARTIE.

Que votre parler soit : oui si c'est oui, non si c'est non. Rien de plus. Ce que vous dites de plus, c'est le Malin qui vous le suggère, pour rire ensuite de vous parce que ne pouvant tout retenir, vous tombez dans le mensonge et on vous bafoue et vous vous faites une réputation de menteurs.

Sincérité, fils. Dans la parole et dans la prière. Ne faites pas comme les hypocrites. Quand ils prient, ils aiment à rester debout dans les synagogues ou aux coins des places pour que les hommes les voient et les louent comme hommes pieux et justes, mais quand ils sont dans leurs familles, ils offensent Dieu et le prochain.

Ne voyez-vous pas, à la réflexion, que c'est une sorte de parjure ? Pourquoi vouloir soutenir ce qui n'est pas vrai dans le but de conquérir une estime que vous ne méritez pas ?

La prière hypocrite se propose de dire : "En vérité moi, je suis un saint. Je le jure aux yeux de ceux qui me voient prier et qui ne peuvent démentir de me voir prier". C'est un voile dont on couvre une méchanceté réelle. La prière faite dans cette Intention devient un blasphème.

 

Laissez à Dieu le soin de vous proclamer saints. Et faites que toute votre vie crie pour vous : "Voici un serviteur de Dieu". Mais vous, vous, par charité pour vous-mêmes, gardez le silence.

Ne faites pas de votre langue, poussée par votre orgueil, un objet de scandale aux yeux des anges. Il vaudrait mieux devenir muets à l'instant, si vous n'avez pas la force de commander à votre orgueil et à votre langue qui vous poussent à vous proclamer vous-mêmes justes et agréables à Dieu. Laissez aux hommes orgueilleux et faux cette pauvre gloire ! Laissez-leur, à eux cette récompense éphémère.

Pauvre récompense ! Mais c'est celle qu'ils veulent et ils n'en auront pas d'autre car ils ne peuvent en avoir qu'une.

Ou la vraie récompense qui vient du Ciel et est éternelle et juste ou cette fausse récompense qui vient de la terre et qui dure autant que la vie de l'homme et encore moins, et il faut ensuite la payer, étant injuste, après la vie par une très mortifiante punition.

 

Écoutez comme vous devez prier par vos lèvres, par votre travail, par tout vous-mêmes, par l'impulsion d'un cœur qui aime Dieu, oui, en voyant en Lui un Père, mais que se souvenant aussi que c'est le Créateur, et vous-même une créature et qui se garde avec un respectueux amour en présence de Dieu, toujours, soit qu'il prie ou s'occupe d'affaires, soit qu'il marche ou qu'il se repose, soit qu’il reçoive un salaire ou en fasse bénéficier un autre.

Par l'impulsion du cœur, ai-je dit. C'est la qualité première et essentielle, car tout vient du cœur. Tel est le cœur, telle la pensée, la parole, le regard, l'action.

 

C'est de son cœur que le juste tire le bien, et plus il en tire plus il en trouve, car le bien que l'on fait donne naissance à un bien nouveau. C'est comme le sang qui se renouvelle dans le circuit des veines et revient au cœur toujours enrichi d'éléments nouveaux venant de l'oxygène qu'il a absorbé ou des sucs des aliments qu'il a assimilés.

L'homme pervers, au contraire, ne peut tirer de son cœur ténébreux et rempli de mensonge et de poison que mensonge et poison qui se développent toujours plus, fortifiés qu'ils sont par les fautes qu'ils accumulent comme s'accumulent sur celui qui est bon les bénédictions de Dieu. Croyez en effet que c'est le trop plein du cœur qui déborde des lèvres et se manifeste dans les actions.

 

Faites-vous un cœur humble et pur, aimant, confiant, sincère. Aimez Dieu avec l'amour pudique d'une vierge pour son époux.

En vérité je vous dis que toute âme est une vierge, mariée à l'Éternel Aimant, à Dieu Notre Seigneur. Cette terre est le temps des fiançailles dont l'ange donné à tout homme comme gardien est le spirituel paranymphe, et toutes les heures, toutes les contingences de la vie sont autant de servantes qui préparent le trousseau nuptial.

L'heure de la mort, c'est l'heure de l'accomplissement des noces et alors viennent : la connaissance, l'embrassement, la fusion et, parée de son vêtement de définitive épousée, l'âme peut enlever son voile et se jeter dans les bras de son Dieu sans que cet amour de l'Époux puisse scandaliser les autres.

Mais, pour le moment, vous êtes encore des âmes sacrifiées dans les liens des fiançailles avec Dieu.

Quand vous voulez parler à l'Époux, entrez dans la paix de votre demeure et surtout dans la paix de votre demeure intérieure et parlez, ange de chair assisté par votre ange gardien, parlez au Roi des anges. Parlez à votre Père dans le secret de votre cœur et de votre demeure intérieure.

Laissez dehors tout ce qui appartient au monde : et la manie de vous faire remarquer et celle d'édifier, et les scrupules des longues prières pleines de paroles, de paroles, de paroles, monotones, tièdes et sans amour.

Pour l'amour de Dieu ! Débarrassez-vous des mesures dans la prière. En vérité, il y a certaines personnes qui dépensent tant et tant d'heures en un monologue que répètent les lèvres seules. C'est un vrai soliloque car l'ange gardien lui-même ne l'écoute pas, tant c'est une rumeur vaine à laquelle il essaye de remédier en se plongeant dans une ardente oraison pour le sot dont il a la garde.

En vérité, il y a des personnes qui n'emploieraient pas ces heures d'une autre manière même si Dieu leur apparaissait pour leur dire : "Le salut du monde exige que vous abandonniez ce bavardage sans âme pour aller en toute simplicité puiser de l'eau à un puits et arroser le sol par amour pour Moi et pour vos semblables."

En vérité il y a des personnes qui croient leur monologue plus important que l'accueil courtois d'un visiteur ou le secours charitable apporté à qui en a besoin. Ces âmes sont tombées dans l'idolâtrie de la prière.

 

La prière est un acte d'amour. On peut aimer aussi bien en faisant le pain qu'en priant, en assistant un infirme qu'en méditant, en vaquant aux tâches familiales qu'en faisant un pèlerinage au Temple, en sacrifiant même nos justes désirs de nous recueillir dans le Seigneur qu'en sacrifiant un agneau.

Il suffit d'imprégner d'amour tout son être et toute son activité. N'ayez pas peur ! Le Père voit. Le Père comprend. Le Père écoute. Le Père accorde ce qu'il faut.

Que de grâces n'accorde-t-il pas pour un seul soupir d'amour, vrai, parfait ! Quelle abondance de grâces pour un sacrifice intime fait avec amour ! Ne ressemblez pas aux gentils. Dieu n'a pas besoin que vous Lui disiez ce qu'il doit faire parce que vous en avez besoin. Cela, les païens peuvent le dire à leurs idoles qui ne peuvent l'entendre.

Mais n'agissez pas ainsi avec Dieu, avec le Dieu Vrai, Spirituel, qui n'est pas seulement Dieu et Roi, mais qui est aussi votre Père et qui sait, avant que vous ne le Lui demandiez, ce dont vous avez besoin.

Demandez et l'on vous donnera. Cherchez et vous trouverez. Frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et qui frappe à la porte la voit s'ouvrir.

Quand un enfant vous tend sa petite main en disant : "Père, j'ai faim" lui donnez-vous une pierre, par hasard ? Lui donnez-vous un serpent s'il demande un poisson ? Non, bien sûr, mais en donnant pain et poisson, vous ajoutez une caresse et une bénédiction car il est doux à un père de nourrir son enfant et de voir son sourire heureux.

Si donc vous, dont le cœur est imparfait, savez donner de bonnes choses à vos enfants par le seul amour naturel que l'animal aussi a pour ses petits, bien plus votre Père qui est dans les Cieux accordera à ceux qui le Lui demandent ce qui est bon et nécessaire pour leur bien. N'ayez pas peur de demander et n'ayez pas peur de ne pas obtenir !

Cependant, je vous mets en garde contre une erreur où l'on tombe facilement. Cependant ne faites pas comme ceux qui sont faibles dans leur foi et leur amour, les païens de la vraie religion.

En effet, parmi les croyants il y a des païens dont la pauvre religion est un grouillement de superstitions et de foi, un édifice chancelant, envahi par des plantes parasites de toutes espèces, de sorte qu'il s'effrite et tombe en ruines. Ces gens faibles et païens sentent mourir leur foi s'ils ne se voient pas exaucés.

 

Vous, vous demandez. Et il vous paraît juste de demander. En effet, à ce moment-là cette grâce ne serait pas inutile.

Mais la vie ne se termine pas avec ce moment. Et ce qui est bien aujourd'hui pourrait ne pas l'être demain. Cela vous ne le savez pas parce que vous ne connaissez que le moment présent et c'est encore une grâce de Dieu.

Mais Dieu connaît aussi l'avenir, et souvent pour vous épargner une peine plus grande Il laisse une prière non exaucée.

En mon année de vie publique, plus d'une fois j'ai entendu des cœurs qui gémissaient : "Combien j'ai souffert alors, quand Dieu ne m'a pas écouté. Mais maintenant je dis : 'Ce fut bien ainsi, car cette grâce m'aurait empêché d'arriver à cette heure de Dieu' ".

J'en ai entendu d'autres qui disaient et me disaient : "Pourquoi, Seigneur, ne m'exauces-tu pas ? Tu l'accordes aux autres et pas à moi ?"

Et pourtant, souffrant de voir souffrir, j'ai dû dire: "Je ne puis pas" car les exaucer aurait signifié entraver leur vol vers la vie parfaite, Le Père aussi certaines fois dit : "Je ne puis pas". Ce n'est pas qu'il ne puisse accomplir l'acte immédiat.

Mais il s'y refuse parce qu'il connaît les conséquences futures. Écoutez.

Un jeune enfant souffre des intestins. La mère appelle le médecin et le médecin dit : "Pour qu'il guérisse, il faut une diète absolue". L'enfant pleure, crie, supplie, paraît languir. La mère, toujours pleine de pitié, unit ses lamentations à celles de son fils. Cette défense absolue lui paraît dureté de la part du médecin. il lui semble que ce jeûne et ces larmes peuvent nuire à son enfant.

Mais le médecin reste inexorable. A la fin, il dit : "Femme, moi je sais, toi tu ne sais pas. Veux- tu perdre ton enfant ou veux-tu que je le sauve ?" La mère crie : "Je veux qu'il vive !" "Et alors" dit le médecin "je ne puis permettre la nourriture. Ce serait la mort".

C'est ainsi, que parfois parle le Père. Vous, mères pleines de pitié pour votre moi, vous ne voulez pas l'entendre pleurer parce qu'on lui refuse une grâce.

Mais Dieu dit : "Je ne puis pas. Ce serait ton malheur". Un jour viendra, ou bien l'éternité, où dira : "Merci, mon Dieu, de ne pas avoir écouté ma sotte demande !".

 

Ce que j’ai dit pour la prière, je le dis pour le jeûne. Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste comme le font les hypocrites qui artificieusement exténuent leurs visages pour que le monde sache et croie, même si ce n’est pas vrai, qu’ils jeûnent.

Eux aussi ont déjà eu, par la louange du monde, leur récompense et n’en auront pas d’autre. Mais vous, quand vous jeûnez prenez un air gai, lavez-vous à plusieurs eaux le visage pour qu’il paraisse frais et lisse, oignez-vous la barbe et parfumez votre chevelure, ayez sur les lèvres le sourire de quelqu’un qui a bien déjeuné.

Oh ! Qu’en vérité ce ne soit pas tant la nourriture que l’amour qui vous soutienne ! Et celui qui jeûne par amour se nourrit de l’amour.

En vérité je vous dis que même si le monde vous traite de "vaniteux" et de "publicains", votre Père verra votre héroïque secret et vous en donnera double récompense, pour le jeûne et pour le sacrifice de la louange que vous pourriez recevoir.

Et maintenant que votre âme a été nourrie, allez donner la nourriture à votre corps. Que ces deux pauvres restent avec nous. Ils seront les hôtes bénis qui donneront de la saveur à notre pain. La paix soit avec vous."

 

Extrait des Révélations de Jésus à Maria Valtorta (tome 3, chapitre 33 de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé)…

Le sermon sur la montagne. Les béatitudes (Quatrième partie).

 

"La paix soit à vous tous ! Hier j'ai parlé de la prière, du serment, du jeûne. Aujourd'hui je veux vous instruire sur d'autres perfections. Elles sont elles aussi : prière, confiance, sincérité, amour, religion.

La première dont je vais parler, c'est le juste usage des richesses changées, par la bonne volonté du serviteur fidèle, en autant de richesses célestes.

Les trésors de la terre ne durent pas, mais les trésors du Ciel sont éternels. Avez-vous en vous l'amour de ce qui vous appartient ? Cela vous fait-il de la peine de mourir, parce que vous ne pouvez plus vous occuper de vos biens et que vous devez les laisser ?

Et alors, transportez-les au Ciel ! Vous dites : "N'entre pas au Ciel ce qui est de la terre et tu enseignes que l'argent est la chose la plus dégoûtante de la terre. Comment alors pouvons-nous le transporter au Ciel ?"

Non, vous ne pouvez pas emporter les pièces de monnaie, qui sont matérielles, dans le Royaume où tout est spirituel, mais vous pouvez emporter le fruit de ces monnaies.

Quand vous donnez votre or à un banquier, pourquoi le donnez- vous ? Pour qu'il le fasse fructifier. Vous ne vous en privez certainement pas, même momentanément, pour qu'il vous le rende tel quel. Mais vous voulez que pour dix talents il vous en rende dix plus un, ou davantage encore. Alors, vous êtes heureux et vous louez le banquier. Autrement vous dites : "Il est honnête, mais c'est un imbécile". Et puis, si au lieu de dix plus un, il ne vous en rend que neuf en disant : "J'ai perdu le reste", vous le dénoncez et le faites jeter en prison.

Qu'est-ce que c'est que le fruit de l'argent ? Est-ce que par hasard le banquier sème vos deniers et les arrose pour les faire croître ? Non. Le fruit est donné par un astucieux maniement des affaires de sorte qu'avec les hypothèques et les prêts à intérêt, l'argent croît de l'intérêt justement requis pour l'or qui a été prêté. N'en est-il pas ainsi ?

Or, écoutez. Dieu vous donne les richesses terrestres, à certains beaucoup, à d'autres à peine le nécessaire pour vivre, et Il vous dit: "Maintenant, c'est à toi. Je te les ai données. Fais de ces moyens une fin telle que mon amour le désire pour ton bien.

Je te les confie, mais pas pour que tu en fasses sortir un mal. A cause de l'estime que j'ai pour toi, par reconnaissance pour mes dons, fais fructifier tes biens en vue de cette vraie Patrie".

 

Et voici la méthode pour arriver à cette fin.

Ne veuillez pas accumuler vos trésors sur la terre en vivant pour eux, en vous montrant cruels à cause d'eux, en vous attirant les malédictions du prochain et de Dieu à cause d'eux. Ils ne le méritent pas.

Pour eux aucune sécurité ici-bas. Les voleurs peuvent toujours vous les enlever. Le feu peut détruire les maisons. Les maladies des plantes ou des troupeaux peuvent anéantir les fruits ou les animaux. Que de dangers guettent les biens !

Qu'ils soient immobiliers comme les maisons ou incorruptibles comme l'or; qu'ils soient, par leur nature, périssables comme tout ce qui vit, comme le sont les végétaux et les animaux; que ce soit enfin des étoffes précieuses, qui peuvent être détériorées.

La foudre sur les maisons ou l'incendie ou l'inondation; et les voleurs, la rouille, la sécheresse, les rongeurs, les insectes dans les champs; le tournis, les fièvres, les estropiements, les épidémies chez les animaux; les mites pour les étoffes précieuses et les rats pour les meubles de prix; la casse de la vaisselle, l'oxydation des lustres et des grilles artistiques; tout; tout peut être détérioré.

Mais si de tout ce bien terrestre vous en faites un bien surnaturel, voilà qu'il échappe à toute détérioration du temps, des hommes et des intempéries.

Faites-vous des trésors au Ciel où n'entrent pas les voleurs et où il n'arrive aucun malheur. Appliquez miséricordieusement votre travail à toutes les misères de la terre.

Caressez-les, oui, vos pièces de monnaie, baisez-les si vous voulez, réjouissez-vous des moissons prospères, des vignes chargées de grappes, des oliviers qui ploient sous le poids d'innombrables olives, des brebis au sein fécond et aux mamelles gonflées. Faites tout cela. Mais que ce ne soit pas d'une façon stérile, humaine. Faites-le par amour et admiration, joyeusement et par calcul surnaturel.

"Merci, mon Dieu, pour cet argent, pour ces moissons, pour ces arbres, pour ces brebis, pour ces commerces! Merci brebis, arbres, prés, commerces qui m'êtes si utiles!

Soyez tous bénis, parce que par ta bonté, ô Éternel, par votre bonté, ô choses, voici que je peux faire tant de bien à qui a faim, à qui est nu, sans toit, malade, seul...

L'an dernier, je l'ai fait pour dix. Cette année - bien que j'aie donné beaucoup en aumônes, j'ai davantage d'argent, plus riches sont les moissons et plus nombreux les troupeaux - voici que je vais donner deux fois, trois fois plus que l'an passé, pour que tous, même ceux qui n'ont rien personnellement, se réjouissent avec moi et te bénissent avec moi, Toi, Seigneur Éternel".

 

Voilà la prière du juste. Cette prière qui, unie à l'action, transporte vos biens au Ciel et non seulement vous les conserve pour l'éternité mais vous les fait trouver augmentés des fruits saints de l'amour.

Ayez votre trésor au Ciel, pour y avoir votre cœur, au-dessus et au-delà du danger pour que non seulement l'or, les maisons, les champs, les troupeaux ne puissent subir des malheurs, mais pour que votre propre cœur ne soit pas attaqué, enlevé, corrompu, brûlé, tué par l'esprit du monde.

Si vous agissez ainsi, vous aurez votre trésor dans votre cœur parce que vous aurez Dieu en vous, jusqu'au jour bienheureux où vous serez en Lui.

 

Pensez donc, pour ne pas diminuer le fruit de la charité, à être charitables par esprit surnaturel. Comme je l'ai dit pour la prière et le jeûne, je le dis aussi pour la bienfaisance et pour toutes les bonnes œuvres que vous pouvez faire.

Conservez le bien que vous faites à l'abri des violations de la sensualité du monde. Conservez-le vierge de la louange humaine.

Ne profanez pas la rose parfumée; véritable encensoir de parfums agréables au Seigneur, la rose parfumée de votre charité et de vos bonnes actions.

Ce qui profane le bien, c'est l'esprit d'orgueil, le désir d'être remarqué quand on fait le bien et la recherche des louanges.

La rose de la charité est alors souillée et corrompue par les limaçons visqueux de l'orgueil satisfait et il tombe sur l'encensoir les pailles puantes de la litière sur laquelle l'orgueilleux se complaît comme un animal repu.

Oh ! Ces actes de bienfaisance faits pour qu'on parle de vous ! Mais il vaut mieux, bien mieux de ne pas en faire ! Celui qui ne les fait pas pèche par dureté. Celui qui les fait en faisant connaître la somme donnée et le nom du bénéficiaire en mendiant la louange, pèche par orgueil en faisant connaître l'offrande.

C'est comme s'il disait : "Voyez ce que je puis ?". Il pèche par défaut de charité car il mortifie le bénéficiaire en faisant connaître son nom, il pèche par avarice spirituelle en voulant accumuler les louanges humaines... C'est de la paille, de la paille, rien de plus. Faites en sorte que ce soit Dieu qui vous loue avec ses anges.

 

Vous, quand vous faites l'aumône, ne sonnez pas de la trompette pour attirer l'attention des passants et être honorés comme les hypocrites qui cherchent les applaudissements des hommes et pour cela ne font l'aumône que là où ils peuvent être vus d'un grand nombre de gens.

Eux aussi ont reçu leur récompense et n'en recevront pas d'autre de Dieu. Vous, ne tombez pas dans cette même faute et dans cette présomption.

Mais quand vous faites l'aumône, que votre main gauche ne sache pas ce que fait la main droite, tant est cachée et pudique votre aumône, et puis oubliez-la.

Ne restez pas à admirer l'acte que vous avez fait vous gonflant comme le crapaud qui s'admire avec ses yeux voilés dans l'étang et qui, voyant dans l'eau tranquille l'image des nuages, des arbres, du char arrêté près de la rive et qui se voyant lui si petit par rapport à ces objets, se gonfle d'air jusqu'à en éclater.

Votre charité elle-même est un rien comparée à l'Infini qui est la Charité de Dieu, et si vous voulez devenir semblables à Lui et rendre votre petite charité, grosse, grosse, grosse pour égaler la sienne, vous vous remplirez du vent de l'orgueil et finirez par périr.

 

Oubliez-le. Oubliez l'acte lui-même. Il vous restera toujours présente une lumière, une parole douce comme le miel et cela vous rendra le jour lumineux, doux, bienheureux.

Car cette lumière sera le sourire de Dieu, ce miel la paix spirituelle qui est encore Dieu, cette voix la voix du Dieu-Père qui vous dira : "Merci". Lui voit le mal caché et le bien qui se cache et il vous en récompensera. Je vous le..."

 

Je vous disais que Dieu vous récompensera, même si vous ne Lui demandez pas une récompense pour le bien que vous aurez fait.

Mais vous, ne faites pas le bien pour avoir une récompense, pour avoir une garantie pour le lendemain.

Ne faites pas le bien en le mesurant, retenus par la crainte: "Et puis, pour moi, en aurai-je encore ? Et si je n'ai plus rien, qui viendra à mon aide ? Trouverai-je quelqu'un pour faire pour moi ce que j'ai fait ? Et quand je ne pourrai plus rien donner, est-ce qu'on m'aimera encore ?

 

Regardez : j'ai des amis puissants parmi les riches et des amis parmi les miséreux. Et en vérité, je vous dis que ce ne sont pas les amis puissants qui sont les plus aimés. Je vais chez eux non parce que je me recherche ou recherche mes intérêts, mais parce que d'eux je puis recevoir beaucoup pour qui ne possède rien. Moi, je suis pauvre. Je n'ai rien.

Je voudrais posséder tous les trésors du monde et les changer en pain pour ceux qui ont faim, en maisons pour ceux qui sont sans toit, en vêtements pour ceux qui sont nus, en remèdes pour les malades.

Vous direz : "Toi, tu peux guérir". Oui, je peux cela et autre chose. Mais il n'y a pas toujours la foi chez les autres et Moi, je ne puis faire ce que je ferais et ce que je voudrais faire, si je trouvais dans les cœurs la foi pour Moi.

Je voudrais faire du bien même à ceux qui n'ont pas la foi et puisqu'ils ne demandent pas le miracle au Fils de l'homme je voudrais, d'homme à homme, les secourir. Mais je n'ai rien. C'est pour cela que je tends la main à ceux qui possèdent et je demande : "Fais-moi la charité, au nom de Dieu".

Voilà pourquoi j'ai des amitiés en haut lieu. Demain, quand je ne serai plus sur la terre, il y aura encore des pauvres et Moi, je n'y serai plus ni pour faire des miracles pour ceux qui ont la foi, ni pour faire l'aumône pour amener à la foi.

Mais alors mes amis riches auront appris à mon contact comment on s'y prend pour faire le bien et mes apôtres, à mon contact aussi, auront appris à faire l'aumône par amour pour les frères. Et les pauvres seront toujours secourus.

 

Eh bien, hier j'ai reçu de quelqu'un qui ne possède rien, plus que ce que m'ont donné tous ceux qui possèdent. C'est un ami aussi pauvre que Moi. Mais il m'a donné une chose qui ne peut s'acheter avec de l'argent et qui m'a rendu heureux en me rappelant tant d'heures sereines de mon enfance et de ma jeunesse quand chaque soir sur ma tête se posaient les mains du Juste et que j'allais me reposer avec sa bénédiction pour protéger mon sommeil.

Hier cet ami pauvre m'a fait roi par sa bénédiction. Vous voyez que ce que lui m'a donné, personne d'entre mes amis riches ne me l'a jamais donné. Ne craignez donc pas. Même si vous n'avez pas de quoi faire l'aumône, il suffit que vous ayez l'amour et la sainteté.

 

Vous pourrez faire du bien à qui est pauvre, épuisé ou affligé. C'est pour cela que je vous dis : ne vous inquiétez pas trop par crainte de posséder peu. Vous aurez toujours le nécessaire. Ne soyez pas trop préoccupés en pensant à l'avenir.

Personne ne sait quel avenir il a devant lui. Ne réfléchissez pas à ce que vous mangerez pour vous garder en vie, ni de quoi vous vous couvrirez pour tenir au chaud votre corps.

La vie de votre esprit est bien plus précieuse que votre ventre et vos membres, elle vaut beaucoup plus que la nourriture et le vêtement, comme la vie matérielle vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Et votre Père le sait.

Sachez-le donc, vous aussi. Regardez les oiseaux: ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils n'amassent pas dans les greniers et pourtant ils ne meurent pas de faim car le Père céleste les nourrit. Vous hommes, créatures préférées du Père, vous valez beaucoup plus qu'eux.

 

Qui de vous, avec tout son savoir-faire peut ajouter à sa taille une seule coudée ? Si vous ne réussissez pas à allonger votre taille, ne serait-ce que d'une palme, comment pouvez-vous penser à changer votre future situation en augmentant vos richesses pour vous garantir une longue et heureuse vieillesse ?

Pouvez-vous dire à la mort : "Tu viendras me prendre quand je voudrai" ? Vous ne le pouvez pas. Pourquoi alors vous préoccuper du lendemain ? Et pourquoi vous faites-vous tant de soucis par crainte de rester sans vêtements ?

Regardez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas, ils ne vont pas chez les marchands de drap faire des achats.

Et pourtant je vous assure que Salomon, lui-même, avec toute sa gloire ne fut jamais vêtu comme l'un d'eux.

Maintenant, si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs qui vit aujourd'hui et qui demain servira à chauffer le four ou à nourrir le troupeau et qui devient finalement cendre ou fumier, il prendra bien plus soin de vous, ses fils.

Ne soyez pas des gens de peu de foi. Ne vous inquiétez pas pour un avenir incertain en disant : "Quand je serai vieux, comment mangerai-je ? Que boirai-je ? Comment m'habillerai-je ?"

Ces préoccupations laissez-les aux gentils qui n'ont pas la certitude lumineuse de la paternité divine. Vous vous l'avez et vous savez que votre Père connaît vos besoins et qu'il vous aime. Fiez-vous donc à Lui. Cherchez d'abord les choses vraiment nécessaires : la foi, la bonté, la charité, l'humilité, la miséricorde, la pureté, la justice, la douceur, les trois ou quatre vertus principales et toutes, toutes les autres encore de façon à être les amis de Dieu et à avoir droit à son Royaume.

Et je vous assure que tout le reste vous sera donné par surcroît, sans même que vous le demandiez. Il n'y pas de riche plus riche que le saint et de plus assuré que lui. Dieu est avec le saint. Le saint est avec Dieu. Il ne demande rien pour son corps et Dieu lui donne le nécessaire.

Mais il travaille pour son esprit, auquel Dieu donne Lui-même ici-bas, et le Paradis après la vie.

Ne vous mettez donc pas en peine pour ce qui ne mérite pas votre peine. Affligez-vous d'être imparfaits et non d'être mal pourvus de biens terrestres. 

Ne vous mettez pas à la torture pour le lendemain. Demain pensera à lui-même, et vous y penserez quand vous le vivrez. Pourquoi y penser dès aujourd'hui ? La vie n'est-elle pas déjà suffisamment pleine des souvenirs pénibles d'hier et des pensées torturantes d'aujourd'hui pour éprouver le besoin d'y mettre encore les cauchemars des "que sera ?" demain ?

 

Laissez à chaque jour ses ennuis ! Il y aura toujours dans la vie plus de peines que nous ne voudrions, sans ajouter les peines à venir aux présentes ! Dites toujours la grande parole de Dieu : "Aujourd'hui".

Soyez ses fils, créés à sa ressemblance. Dites donc avec Lui : "Aujourd'hui".

Et aujourd'hui, je vous donne ma bénédiction. Qu'elle vous accompagne jusqu'au commencement du nouvel aujourd'hui : de demain, c'est-à-dire quand je vous donnerai de nouveau la paix au nom de Dieu."


EN UNION DE CŒUR, D’AMOUR FRATERNEL ET DE PRIERES.

                                 

                               PIERRE

 

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Date de dernière mise à jour : 02/07/2021

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