Bienheureux Tommaso Acerbis d'Olera, Frère Capucin. Fête le 04 Mai.

Samedi 04 Mai 2024 : Fête du Bienheureux Tommaso Acerbis d'Olera, Frère Capucin (? 1631).

1049694503562Une vue du petit bourg d’Olera, dans la Val Seriana, Bergame, et une statue de fra’ Tommaso Acerbis

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/12800/Bienheureux-Tommaso-Acerbis-d-Olera.html

Bienheureux Tommaso Acerbis d'Olera

Frère Capucin (? 1631)

Frère Tommaso Acerbis d'Olera (1563-1631) Béatifié le 21 Septembre 2013 en la Cathédrale Saint Alexandre de Bergame.
'témoin de l'humilité et de la charité du Christ' (Pape François)


Né à la fin de 1563 à Olera, un petit village de montagne, jusqu'à l'âge de 17 ans, il aide ses parents dans les travaux de la ferme et garde les brebis.
Il ne va pas à l'école.
En 1580, il est accueilli au couvent Capucin de Vérone et y montre de nombreuses vertus religieuses. Il apprend à lire et à écrire.
Chaque jour, il mendie pour les Moines et pour les pauvres, réconfortant ceux qui en ont besoin.
Il reste à Vérone jusqu'en 1605, puis va à Vicenza, à Rovereto, à Padoue... En 1619, il part à la cour de Léopold V pour être son guide spirituel et vivra de mendicité à Innsbruck jusqu'à sa mort le 3 Mai 1631.

Obéissance et humilité, amour et dévotion pour les âmes, apôtre de Dieu, il a parcouru les rues de Venise comme les vallées du pays des Habsbourg donnant un pur témoignage évangélique.
Homme de Miséricorde, il pacifie les esprits, réconforte les malades et les pauvres, dénonce le mal et encourage les conversions.
Pour obtenir ce qu'on lui demande il passe ses nuits en Prière, jeûne et s'impose une grande austérité.
Excellent prédicateur, il est conseiller de nombreuses personnalités et est à l'origine de la construction d'un sanctuaire marial à Volders au Tyrol. Il est également un précurseur de la dévotion au Sacré-Cœur.
L’art d’être pauvre (l'Osservatore Romano)

Foi, Charité, Humilité, pauvreté: tels sont quelques-uns des traits caractéristiques de la figure de Tommaso da Olera (1563-1631)...
Tommaso da Olera, au siècle Acerbis, 'Religieux qui quêtait, apôtre sans étole, prédicateur inlassable de l’Evangile', mais aussi 'conseiller de puissants et de souverains' ... 'constructeur d’églises et de Monastères, un bienfaiteur des paysans et des mineurs, un anticipateur du dogme de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, un précurseur de la dévotion au Sacré-Cœur, apôtre de la contre-réforme, un homme admiré pour son humilité, sa pauvreté et sa sainteté en Italie et en Autriche'. (Cardinal Angelo Amato)

En italien:
- Site de la béatification de Fra Tommaso
- Diocèse de Bergame
- Homélie de la béatification par le cardinal Amato

Tommasodaolera

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Acerbis

Tommaso Acerbis

Tommaso Acerbis ou Tommaso da Olera (né en 1563 à Olera (Italie), une frazione de la commune d'Alzano Lombardo, dans l'actuelle province de Bergame et mort en 1631 à Innsbruck), est un Religieux Capucin, prédicateur italien et précurseur de la dévotion au Sacré-Cœur. Il est considéré comme Bienheureux par l'Église Catholique. Fête le 3 Mai.

Biographie

Tommaso Acerbis est né en 1563 dans le village d'Olera (Italie), au sein d'une ancienne famille noble. Durant sa jeunesse il a travaillé dans les champs.
En 1580, à l'âge de 17 ans, il décide d'entrer chez Capucins, où il rejoint le couvent de Vérone comme Frère convers.
Il est resté dans la ville de Vérone jusqu'en 1605, quand il a été transféré à Vicence, ville où il prêchait pour donner naissance à des vocations féminines.
Il y a aussi récolté des fonds pour faire construire y faire construire le Monastère Saint-Joseph.
Le Frère Tommaso a été envoyé ensuite à Rovereto en 1612. Là, il y a fait construire le Monastère Saint-Charles pour y abriter des Clarisses.
C'est à Padoue qu'il continue sa mission, à partir de 1618, où il y a été gardien du couvent. Au couvent de Conegliano, il avait les fonctions de Frère mendiant.

Sa réputation de grand prédicateur lui vaut l'invitation de Léopold V, archiduc du Tyrol, pour être son guide spirituel.
Il est devenu ensuite conseiller de nombreuses personnalités politiques et ecclésiastiques. Même si il fréquentait de grands personnages, le Frère Tommaso est toujours resté humble et obéissant envers ses supérieurs. Il avait aussi un mode de vie très austère, rythmé par la Prière et la Pénitence.

En plus de ses grands talents de prédicateur, il est également considéré comme précurseur de la dévotion au Sacré-Cœur.
En plus de ses nombreuses activités, il a aussi fait construire un Sanctuaire Marial à Volders, qui sera inauguré en 1654.
Frère Tommaso est mort en odeur de sainteté le 3 Mai 1631 à Innsbruck.

Béatification

Le procès en Béatification du Frère Tommaso a été ouvert en 1963.
Il a été déclaré Vénérable le 23 Octobre 1987 par le Pape Saint Jean-Paul II.
Il a solennellement été Béatifié le 21 Septembre 2013, l'année du 450e anniversaire de la naissance du Frère Tommaso, dans la Cathédrale Saint-Alexandre de Bergame, par le Cardinal Angelo Amato au nom du Pape François.

Venerabile tommaso acerbis da olera b

https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/9b17539a-805a-4514-9afe-c05bf9e0a3df

Bx Thomas d’Olera
Religieux profès o.f.m. Cap.

Selon la Lettre Apostolique (reportée à la fin de cette composition hagiographique) du Pape François la fête liturgique a été fixée au 04 Mai.

Thomas d'Olera (dans le siècle Tommaso Acerbis) naît en 1563 à Olera, petit village de la commune d'Alzano Lombardo (Bergame, Italie), au sein d'une ancienne famille noble.
« L'amour de Dieu, comme il écrivait, demeure dans les cœurs humbles ». La vie de Thomas d'Olera se reflète profondément dans ces paroles.

Encore adolescent, il partage avec ses parents les difficultés quotidiennes et le travail, d'abord en tant que berger, puis comme agriculteur.
En 1580 la vocation l'amène, à l'âge de 17 ans, à rejoindre l'Ordre des Frères Capucins du couvent de Vérone.
Après sa formation, il devint un infatigable prédicateur de l'Évangile et, surtout, un humble Frère quêteur.
Chaque jour il demande à tous, sans distinction, des offrandes et du pain pour les Religieux et pour les pauvres. Il assure à chacun consolation et Prières.

Le Frère Tommaso reste dans la ville de Vérone jusqu'en 1605, quand il fut transféré à Vicence, ville où il prêchait pour donner naissance à des vocations féminines et où il a aussi récolté des fonds pour faire construire le Monastère Saint Joseph.
En 1612 il a été envoyé à Rovereto, dans la région du Trentin-Haut-Adige : là il y a fait construire le Monastère Saint Charles pour y abriter des Clarisses.

C'est à Padoue qu'il continue sa mission, à partir de 1618, où il y a été gardien du couvent.
Au couvent de Conegliano, il avait les fonctions de Frère mendiant. Thomas ne néglige personne et parle de Dieu aux grands de ce monde, y compris rois et empereurs, et aux personnes d'humble condition.

Sa réputation de grand prédicateur lui vaut l'invitation de Léopold V, archiduc du Tyrol, pour être son guide spirituel.
Il est devenu ensuite conseiller de nombreuses personnalités politiques et ecclésiastiques. Même s’il fréquentait de grands personnages, le Frère Tommaso est toujours resté humble et obéissant envers ses supérieurs. Il avait aussi un mode de vie très austère, rythmé par la prière et la pénitence.
En plus de ses nombreuses activités, il a aussi fait construire un Sanctuaire Marial à Volders (dans le Tyrol, Autriche) qui sera inauguré, après sa mort, en 1654.
Le Frère Tommaso est mort en odeur de sainteté, dans son humble cellule, le 3 Mai 1631 à Innsbruck.

Le procès en Béatification a été ouvert en 1963 ; il a été déclaré Vénérable le 23 Octobre 1987 par le Pape Saint Jean-Paul II.
Tommaso (Acerbis) d’Olera a été Béatifié le 21 Septembre 2013, l'année du 450e anniversaire de sa naissance, dans la Cathédrale Saint Alexandre de Bergame, par le délégué pontifical card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui a fait lecture de la Lettre Apostolique du Pape François :
 « En accueillant le désir de notre Frère François Beschi, Évêque de Bergame, d'autres Frères dans l'épiscopat et de nombreux fidèles, après avoir eu l'avis favorable de la Congrégation pour les Causes des Saints, avec notre autorité apostolique nous concédons que le Vénérable Serviteur de Dieu Thomas d'Olera (dans le siècle Thomas Acerbis), Religieux profès de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, qui par la Contemplation du Christ crucifié, est devenu un témoin et un catéchiste plein de zèle de la très haute Charité divine de la Sagesse, soit désormais appelé Bienheureux et que nous puissions célébrer sa Fête dans les lieux et selon les modalités prévues par le Droit, chaque année, le 4 Mai».

Olera statua tommaso acerbis

Statue du Bienheureux Tommaso Acerbis à Olera.
Luigi Chiesa — Travail personnel. CC BY-SA 3.0

Pour un approfondissement biographique :
>>> Fra' Tommaso d'Olera

 1049694503515Le frontispice de Fuoco d’amore, le recueil des traités de mystique et d’ascétique de fra’ Tommaso Acerbis que le Pape Saint Jean XXIII aimait lire et méditer.

http://www.30giorni.it/articoli_id_597_l4.htm

Fra’ Tommaso d’Olera

Bien qu’il n’ait pas encore été élevé aux honneurs des autels, on se rappelle et on invoque toujours dans les vallées des Alpes bergamasques ce Frère du XVIe siècle. Tommaso était un illettré, mais il y avait chez lui une humilité et une bonté extraordinaires que le peuple reconnaissait, et une science infuse – véritable don de la grâce – devant laquelle les puissants s’inclinaient.
Le recueil de ses œuvres était l’une des lectures préférées de Jean XXIII

Les saints jouissent souvent, avant même d’être Canonisés, d’une vénération spontanée de la part du peuple Chrétien.
Leur célébrité n’est pas toujours universelle comme celle de Padre Pio ou du Pape Jean XXIII, mais, à une échelle plus réduite, le processus est le même.
C’est ainsi que, dans les vallées des Alpes bergamasques, le peuple se rappelle, prie et invoque un humble Frère du XVIe siècle, bien qu’il n’ait pas encore été élevé aux honneurs des autels: il s’agit de fra’ Tommaso Acerbis, originaire d’Olera, un petit bourg de la vallée de la Val Seriana.

«Olera: une poignée de pauvres maisons, à 523 mètres d’altitude, entourées de montagnes et égayées par le chant d’un petit torrent.
Les gradins de pierre d’une ruelle aussi étroite qu’un couloir me conduisirent au cœur du village.
Je demandai à deux femmes, tremblantes de froid dans leurs châles, si elles avaient déjà entendu parler de fra’ Tommaso.
“Oh, le Bienheureux Tommaso”, me répondirent-elles avec chaleur. Elle m’en parlèrent comme si c’était un de leurs proches; et moi, avec une émotion croissante, je les écoutai».

Ces notes furent rédigées par le Capucin Fernando de Riese, qui arriva à Olera en 1962 pour recueillir des informations sur fra’ Tommaso.
C’était l’année qui précédait le quatre centième anniversaire de la mort du Frère et les Capucins pensaient à introduire pour lui une cause de Béatification.
Le Père Fernando fut surpris que, quatre siècles après son passage sur terre, il eût laissé dans les mémoires un souvenir aussi vif.

«Je n’aurais jamais cru que l’on se rappelât encore à Olera le Capucin bergamasque fra’ Tommaso Acerbis qui, à 17 ans (en 1580) quitta son village natal pour passer le reste de sa vie dans les couvents Capucins, conjuguant de façon admirable la vie de cloître avec la vie sur les routes du nord de l’Italie et du Tyrol».

À Olera, une bâtisse ancienne, encore habitée par des descendants des Acerbis, famille appartenant à une ancienne noblesse déchue, porte sur sa façade les armoiries familiales. C’est dans cette maison que naquit, à la fin de 1563, le futur fra’ Tommaso.
Le Concile de Trente touchait alors à sa fin et le vent de la Réforme soufflait encore sur l’Europe.
Bergame et la Val Seriana faisaient à cette époque partie du territoire de la République de Venise.
En 1580, le jeune Tommaso, qui avait alors dix-sept ans, frappa à la porte du couvent des Frères Capucins de Vérone – sa province ecclésiastique – pour revêtir la bure de Saint François.
Sans instruction, vivant dans la pauvreté avec sa famille, Tommaso avait mûri son projet de vocation en gardant ses moutons.
Il n’eut d’autre école que celle-là, mis à part les trois années de noviciat qu’il passa à Vérone.

Durant ces années, contrairement à la règle de saint François qui interdit expressément à «ceux qui ne savent pas les lettres de les apprendre», on lui apprit à lire et à écrire.

Tout illettré qu’il fût, il composa des traités de Mystique et d’ascétique qui furent rassemblés, un bon nombre d’années après sa mort, sous le titre Fuoco d’amore et qui furent publiés en 1682.
Un texte dont une véritable édition critique est pour la première fois en préparation et qu’un autre grand Bergamasque, Angelo Roncalli, aimait et lisait assidûment.

«Je me rappelle encore l’impression que me fit la joie qu’éprouva le Pape Saint Jean XXIII lorsque, le 24 Novembre 1959, il reçut en cadeau d’un homme d’Innsbruck (Joseph Mitterstiller) le livre Fuoco d’amore de fra’ Tommaso d’Olera», écrit Mgr Loris Capovilla, alors secrétaire de Jean XXIII.

Et il poursuit: «Je me souviens très bien que le Pape déclara qu’il retrouvait dans ce livre l’une de ses vieilles connaissances, à savoir ce capucin laïque dont il connaissait depuis sa jeunesse la vie, les œuvres, et en outre la réputation de sainteté dont il jouissait dans le Haut-Adige […].
Le Pape Jean relisait fréquemment les pages de ce Fuoco d’amore qu’il gardait toujours en évidence sur sa table avec ses livres de Prière et de méditation; il m’en lut même à plusieurs reprises un grand nombre de pages, lectures qu’il accompagnait de commentaires et de jugements de grande estime et de vénération à l’égard du pieux écrivain. […]
Il disait que c’était sûrement L’Esprit du Seigneur qui avait conduit fra’ Tommaso à écrire ces pages si claires et si conformes à la doctrine Orthodoxe».

Malgré les études qu’il fit avec ferveur et diligence durant ses années de noviciat à Vérone, son italien resta sommaire et incorrect.
Mais ses écrits révèlent une profondeur spirituelle et une exactitude doctrinale surprenantes. Et un de ses confrères, fra’ Ilarione da Mantova, notait à ce propos les réflexions suivantes: «Je l’ai souvent vu se retirer après la Communion dans sa cellule pour y écrire des éléments de méditation sur la vie et la Passion du Seigneur; et ces œuvres spirituelles une fois écrites, il me les lisait parfois et me disait en confidence […] qu’il n’arrivait pas lui-même à comprendre comment il avait pu mettre ces choses sur le papier».

Il accomplit toute sa vie des travaux humbles, «demandant l’aumône, lavant les écuelles, faisant la cuisine et le potager», comme il l’écrit une fois.
On a l’impression de retrouver en lui le fra’ Galdino de Manzoni qui, dans cette même terre de Lombardie, entre Bergame et Lecco, frappe à la porte de Lucia pour la quête et raconte la jolie “parabole” du “miracle des noix”.
Mais dans la grande fresque des Fiancés fra’ Galdino n’est qu’un personnage secondaire. Fra’ Tommaso deviendra au contraire, en dépit de son rôle de simple Frère quêteur, une personnalité extraordinaire pour son époque.

De 1583, date de son entrée définitive dans l’Ordre des Capucins, à 1605 il reste à Vérone.
Puis il se rend dans différentes villes de Vénétie: Vicence, Padoue, Rovereto jusqu’en 1619.

La réputation de sainteté de cet “apôtre sans étole” se répand partout. Il visite les malades, apaise les querelles, frappe à la porte des pauvres et des riches pour diffuser l’Évangile: il y a chez cet illettré une humilité et une bonté extraordinaires que le peuple reconnaît, et une science infuse – véritable don de la grâce – devant laquelle les puissants s’inclinent.

Cette sagesse n’avait d’autre source que le regard continûment tourné vers le Crucifix, comme le veut la plus pure tradition franciscaine.
«Je n’ai jamais lu une syllabe dans les livres», écrit-il, «mais je me donne du mal pour lire la Passion du Christ”.
Frappé par la réputation de sainteté de fra’ Tommaso, l’archiduc Léopold V, en 1619, le fit venir au Tyrol pour endiguer par son exemple et sa prédication la diffusion du luthéranisme sur ses terres.

Fra’ Tommaso se tranféra à Innsbruck où il resta et où il mourut douze ans plus tard, en 1631.
Il fut le conseiller le plus écouté de l’archiduc et fut reçu plusieurs fois par l’empereur Ferdinand II en personne.
Il fut en outre conseiller spirituel des Archevêques de Trente et de Salzbourg auxquels il suggéra la façon la meilleure d’appliquer les réformes du Concile de Trente dans leurs diocèses.
Et tout cela, sans jamais négliger ses devoirs, la quête quotidienne, le travail manuel, le contact avec les pauvres gens du Tyrol. “Der Bruder von Tirol”, le Frère du Tyrol: tel était le surnom qu’on lui avait donné.
Durant ces douze années fra’ Tommaso ne retourna pas dans sa terre natale, mais il ne manqua pas de faire sentir, même récemment, sa présence, et en particulier dans la Val Seriana.

«Comme l’écho des cloches dans les vallées», écrit encore le Père Fernando de Riese, «ainsi, à chaque génération et pendant plus de quatre siècles, les habitants d’Olera se transmirent la dévotion à ce Frère originaire de leur terre: ils l’invoquaient à chaque saison de l’année et de la vie et le priaient d’intercéder pour tout le bourg pour le protéger de tout mal physique et moral.
Ils le considéraient comme leur meilleur ami, “comme un ange envoyé par Dieu”, commente un écrivain ancien».

Le Père Fernando de Riese, qui a été le premier vice-postulateur de sa cause de Béatification, a recueilli de nombreux témoignages sur l’intercession de fra’ Tommaso en faveur des gens de sa région.
«Madame Renata Zanchi se trouvait à vingt-quatre ans, en septembre 1962, dans une situation désespérée: elle souffrait d’une phlébite à la suite d’un accouchement.
Les médecins ne savaient plus que faire et la pauvre femme s’était résignée à mourir. Les membres de sa famille vinrent en hâte me trouver, ils me firent célébrer une Messe en l’honneur de fra’ Tommaso et, quelques jours plus tard, cette femme était parfaitement guérie».

C’est là l’un des témoignages recueillis de vive voix auprès de don Franco Cavalieri, qui était à l’époque le curé d’Olera.
Dans l’église, à côté du tableau qui représente “la vraie effigie du grand serviteur de Dieu fra’ Tommaso, Capucin laïque d’Olera” agenouillé devant l’Immaculée, sont accrochés des cœurs et des inscriptions votives.

À travers les efforts qu’il faisait chaque jour pour défendre le Credo Catholique contre le calvinisme et le luthéranisme, à la cour comme dans le peuple, fra’ Tommaso arrivait à saisir les profondeurs du Mystère de Marie dont ses écrits sont remplis.
On trouve dans ceux-ci, entre autres, l’anticipation claire de la formulation du dogme de l’Immaculée conception. Et on ne la trouve pas que là.

À Volders, sur les rives du fleuve Inn, au Tyrol, s’élève une église dédiée à l’Immaculée Conception de Marie.
Cette église a été commandée par fra’ Tomaso et terminée, vingt-trois ans après sa mort, par Ippolito Guarinoni, médecin de cour à Innsbruck, fils spirituel et grand ami de Tommaso.

C’était en 1654, exactement deux cents ans avant la proclamation du dogme par Pie IX.
C’est peut-être aussi la raison pour laquelle le Pape Jean aimait tant les écrits de fra’ Tommaso.
Il voulut même qu’on lui en fît la lecture sur son lit de mort. Monseigneur Capovilla écrit en effet ceci:
«Dans les derniers jours de sa vie, spécialement quand il commença à rester au lit – le 20 Mai 1963 – le Pape Jean voulut qu’à tour de rôle –, moi-même, l’infirmier fra’ Federico Bellotti et les jeunes aides Guido et Gianpaolo Gusso – nous lui fissions lecture des pages de l’Imitation de Jésus-Christ, du bréviaire et d’autres livres de piété, mais aussi de morceaux importants de Fuoco d’amore. Il parlait à tous ses visiteurs, son confesseur Mgr Cavagna en tête, à ses médecins même et jusqu’aux Sœurs et au personnel de service, du délice que représentait pour lui cette lecture.

Les traités regroupés dans le Fuoco d’amore de fra’ Tommaso présentent des intérêts nombreux.
Par exemple, les sept chapitres consacrés au cœur de Jésus, qui anticipent de trente ans les révélations qui ont été faites par Jésus à sainte Marguerite Marie Alacoque et qui joueront un rôle important dans la spiritualité occidentale des derniers siècles.

Les longues médiations sur le Cœur transpercé de Jésus rappellent L’incrédulité de Thomas, œuvre d’un autre grand Bergamasque, le Caravage, qui fut le contemporain de fra’ Tommaso et eut en commun avec lui, en plus de l’origine géographique, la fréquentation constante des milieux les plus humbles et des maisons des puissants.

Tels sont les motifs parmi beaucoup d’autres, qui ont poussé l’Évêque de Bergame, Roberto Amadei, à rappeler en 2000, par une lettre ouverte au Pape, l’espoir que fra’ Tommaso – dont les “vertus héroïques” ont été proclamées en 1987 – serait bientôt Béatifié.
On attend maintenant une guérison miraculeuse, confirmée par des rapports scientifiques.
Mais les gens d’Olera ne doutent absolument pas que son intercession soit, depuis plus de quatre cents ans, efficace et puissante.

«Lorsque nous parlâmes avec les habitants du bourg», écrit encore le Père Fernando de Riese, «auxquels nous posâmes des questions sur fra’ Tommaso, les réponses furent toujours pleines de vénération et de Foi dans son patronage.
Et, invariablement, ils faisaient précéder le nom de fra’ Tommaso du terme Bienheureux. Je fus agréablement surpris par le caractère vivant de cette mémoire.

Le matin suivant, alors que je m’apprêtais à partir, le curé me présenta Madame Orsola Acerbis in Schiavi:
«Depuis dix-sept ans», me dit-elle avec un plaisir évident, «tous les jours je récite neuf Gloria Patri au Bienheureux Tommaso.
Le Bienheureux Tommaso a sauvé l’un de mes enfants. Il s’appelle Romano et il a maintenant vingt ans.
En janvier 1960 il est devenu hémiplégique: il ne pouvait plus bouger ni le bras ni la jambe gauches.
Quand on l’a transporté à l’hôpital de Bergame, j’ai couru à notre église, je me suis agenouillée devant l’autel où se trouve le tableau représentant le Bienheureux Tommaso à genoux devant l’Immaculée.
J’ai levé une chemise de mon fils vers l’image sacrée et j’ai prié le Bienheureux de me faire la grâce.
Puis je suis allée à l’hôpital moi aussi, emportant avec moi la chemise Bénie. Romano l’a mise et j’ai noté chez lui quelque chose d’“étrange”. Il s’est aperçu qu’il réussissait à bouger la main gauche, puis le bras, puis la jambe.

En quelques jours il a été totalement guéri et est revenu à la maison. Depuis lors il va bien, il travaille et ne souffre d’aucun trouble.
Pour prouver ce qu’elle me disait, elle a appelé son fils et me l’a montré. C’était un grand gaillard au teint coloré.
Il m’a dit lui-même qu’il adressait tous les jours des Prières à son puissant bienfaiteur.

En rentrant dans mon couvent de Vénétie, à Padoue, j’étais pleinement convaincu que le Vénérable fra’ Tommaso d’Olera mérite qu’on le fasse connaître comme un personnage illustre d’un temps lointain […], mais aussi – et surtout – qu’on le fasse aimer et invoquer: comme on le fait avec un Saint par lequel on est sûr d’être écouté et exaucé».

Date de dernière mise à jour : 04/05/2024

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