Saint Damien de Molokaï (Joseph de Veuster), Prêtre - Religieux Picpus (✝ 1889). Fête le 10 Mai.

Vendredi 10 Mai 2024 : Fête de Saint Damien de Molokaï (Joseph de Veuster), Prêtre - Religieux Picpus (? 1889).

Beato damiano de veuster j 11 La Fête Liturgique de Saint Damien de Molokaï est le 10 Mai:
Il aurait été logique de fêter Damien au jour de sa mort (Dies Natalis), le 15 avril. Mais, désirant mettre en relief la figure de Damien, lors de la Béatification de l'Apôtre des Lépreux en 1995, et souhaitant éviter que celle-ci ne tombe lors de la Pâque, Saint Jean-Paul II, a souhaité fixer ce jour au 10 Mai.
Cela correspond à l'arrivée de Joseph Damien de Veuster à la léproserie de Molokaï.


http://nominis.cef.fr/contenus/saint/9930/Saint-Damien-de-Molokai-%28Joseph-de-Veuster%29.html.

Saint Damien de Molokai (Joseph de Veuster)

Prêtre - Religieux Picpus (? 1889)

Né à Tremelo (Belgique) le 03.01.1840 Retourné à Dieu le 15.04.1889 à Molokaï (Hawaï) Béatifié le 04.06.1995 par Saint Jean-Paul II à Bruxelles.
Joseph de Veuster naît dans une famille Belge de langue flamande au village de Tremelo en 1840.
Il est le septième de huit enfants dont quatre entreront en religion. Il suit l’un de ses frères dans la Congrégation des Sacrés Cœur de Jésus et Marie (ou Pères de Picpus), prenant le nom de Damien.
Il y développe son amour de l’Adoration Eucharistique qui sera son seul soutien dans les heures de solitude, et son amour de la Sainte Vierge.

Dans son ardeur missionnaire, le jeune Religieux s’adresse directement au supérieur général et obtient la permission de partir, à la place de son frère tombé malade, dans la mission nouvellement fondée aux îles Hawaï.
Il s’embarque avant même son Ordination Sacerdotale qui lui sera conférée à Honolulu. Le gouvernement avait regroupé d’autorité tous les lépreux de l’archipel dans l’île Molokaï, le Père

Damien est choisi parmi d’autres volontaires pour assurer une présence Sacerdotale dans cet enfer de désespoir et de misère morale.
Il organise alors la Vie religieuse, sociale et fraternelle dans cette île mise au ban de la société. Il se solidarise avec les lépreux (il aimait dire: "nous les lépreux") et même, malgré ses précautions, il est atteint à son tour par la maladie.
“Qu’il est doux de mourir comme un enfant du Sacré-Cœur”, disait-il à son dernier jour. Il avait souhaité que ce fût le jour de Pâques; ce fut le Lundi Saint, 15 avril 1889. source Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
"Construire un monde plus juste en solidarité avec les plus pauvres"
Le Père Damien: Le plus grand Belge de tous les temps (Action Damien)
Béatifié par le Pape Saint Jean-Paul II le 4 Juin 1995

Biographie sur le site site officiel de la Province de France des Frères et du Secteur France des Sœurs de la Congrégation des Sacrés-Cœurs (dite de Picpus).
Il est canonisé le 11 octobre 2009 et une 'année Damien' s'est ouverte à Louvain le 10 mai 2009 (catho.be).
Canonisation de Jeanne Jugan et de Damien de Veuster - dossier sur le site internet de l'Eglise Catholique en France.
"Le Père Damien, dans le siècle Jozef De Veuster, membre de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, a quitté sa terre natale, les Flandres, pour annoncer l’évangile aux îles Hawaii et a consacré la dernière partie de sa vie aux lépreux sur l’île de Molokaï, devenant lui-même lépreux.

En ce 20e anniversaire de la Canonisation d’un autre Saint belge, le Frère Mutien-Marie, l’Église en Belgique - a relevé Benoît XVI dans son homélie - est unie une nouvelle fois pour rendre grâce à Dieu pour l’un de ses fils reconnu comme un authentique serviteur de Dieu. Nous nous souvenons devant cette noble figure que c’est la charité qui fait l’unité: elle l’enfante et la rend désirable.
À la suite de Saint Paul, Saint Damien nous entraîne à choisir les bons combats (cf. 1 Tim 1, 18), non pas ceux qui portent la division, mais ceux qui rassemblent.
Il nous invite à ouvrir les yeux sur les lèpres qui défigurent l’humanité de nos frères et appellent encore aujourd’hui, plus que notre générosité, la Charité de notre présence servante."
(source: Radio Vaticana - Cinq nouveaux saints pour l'Église universelle - 11 octobre 2009)

La Fête Liturgique de Saint Damien de Molokaï est le 10 mai:
Il aurait été logique de fêter Damien au jour de sa mort (Dies Natalis), le 15 avril. Mais, désirant mettre en relief la figure de Damien, lors de la Béatification de l'Apôtre des Lépreux en 1995, et souhaitant éviter que celle-ci ne tombe lors de la Pâque, Saint Jean-Paul II a souhaité fixer ce jour au 10 Mai.
Cela correspond à l'arrivée de Joseph Damien de Veuster à la léproserie de Molokaï. (site de la congrégation des sacrés coeurs de Jésus et de Marie - Picpus - France)

À Kalawao, dans l’île de Molokai en Océanie, l’an 1889, Damien de Veuster, Prêtre de la Congrégation des Missionnaires des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, qui se dévoua tellement de tout son cœur au service des lépreux qu’il contracta lui-même la lèpre et en mourut.

Martyrologe romain

Le Bienheureux P. Damien de Veuster descendit dans la léproserie de Molokaï – considérée alors "le cimetière et l’enfer des vivants" – et, dès sa première prédication, il embrassa tous ces malheureux en disant simplement: "Nous lépreux."
Et au premier malade qui lui dit: "Attention, Père, vous pourriez attraper mon mal", il répondit: "Mon fils, si la maladie m’emporte le corps, Dieu m’en donnera un autre."
site du Vatican

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https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/31e777f6-104e-491f-a021-d6f771bca4a5

Saint Damien de Molokai
Prêtre ss.cc.

Joseph De Veuster, le futur Père Damien, naît à Tremelo, en Belgique, le 3 Janvier 1840 dans une famille nombreuse d'agriculteurs-commerçants.
 

Alors que son père le destine à prendre la tête de l'exploitation familiale, Joseph décide de se consacrer à Dieu en entrant dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs (dite de Picpus d'après le nom de la rue de Picpus à Paris où se trouvait la maison généralice).
Son frère Pamphile l'y a précédé. En Février 1859, il commence son noviciat à Louvain et il prend le nom de Damien.

En 1863, son frère Pamphile, qui devait partir pour la mission des îles Hawaii, tombe malade. Les préparatifs du voyage ayant déjà été faits, Damien obtient du Supérieur Général la permission de prendre la place de son frère.

Il débarque à Honolulu le 19 Mars 1864 où il est ordonné Prêtre le 21 Mai suivant. Dès son arrivée, il se jette, corps et âme, dans la rude vie de « missionnaire itinérant » sur l'île d’Hawaii, la plus grande de l'archipel.

Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement décide, en 1866, de déporter à Molokai, une île voisine, tous ceux et celles qui sont atteints de ce mal alors incurable.
Leur sort préoccupe toute la mission. L'évêque, Mgr. Maigret, en parle à ses Prêtres. Pour ne pas les exposer à un péril mortel, il ne veut y envoyer personne au nom de l'obéissance. Quatre Missionnaires se présentent: ils iront à tour de rôle visiter et assister les malheureux lépreux dans leur détresse.

Le 10 Mai 1873, Damien est le premier à partir. A sa demande et selon le désir des lépreux, il restera définitivement à Molokaï.
Dans cet enfer du désespoir il apporte l'espérance. Il devient le consolateur des lépreux, le pasteur, le médecin des âmes et des corps, sans faire de distinction de race ni de religion.
Il donne une voix aux sans-voix. Peu à peu, il construit une communauté dans laquelle la joie d'être ensemble et l'ouverture à l'amour de Dieu donnent de nouvelles raisons de vivre.
Atteint lui-même par la maladie en 1885, il peut s'identifier complètement à eux: « Nous autres, lépreux... »

Le Père Damien est, avant tout, un témoin de l'Amour de Dieu pour les hommes. Il puise sa force dans l'Eucharistie, présence de Dieu au milieu des hommes, et dans l'Adoration sans laquelle il n'aurait jamais pu tenir:
« C'est au pied de l'autel que nous trouvons la force nécessaire dans notre isolement... »
C'est là qu'il reçoit pour lui-même d'abord l'appui et l'encouragement, la consolation et l'espoir qu'il s'empresse de partager aux lépreux. Il peut alors se dire « le Missionnaire le plus heureux du monde ».

Il meurt le 15 Avril 1889. Sa dépouille mortelle est ramenée, en 1936, en Belgique et inhumée dans la crypte de l'église des pères des Sacrés-Cœurs à Louvain.
Sa renommée se répand dans le monde entier. Le premier procès en vue de sa Béatification s'ouvre en 1938 à Malines (Belgique).
Le Bienheureux  Paul VI signe, le 7 Juillet 1977, le Décret sur « l'héroïcité de ses vertus ».

Joseph Damien De Vester a été Béatifié, à Bruxelles, le 3 Juin 1995 par le Pape Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojty?a, 1978-2005) et Canonisé, à Rome, le 11 Octobre 2009, par le Pape Benoît XVI.

Saint damien

http://nouvl.evangelisation.free.fr/damien_de_molokai.htm.

Damien de Molokaï
Prêtre de la Compagnie des Sacrés-Cœurs
1840-1889

Le souci des âmes et de leur salut habite le cœur de Joseph de Veuster dès l’enfance. Devenu le Père Damien, il offre sa vie à Dieu au service des plus abandonnés des hommes: les lépreux. Choisissant de partager leur vie, il soignera leurs corps et leurs âmes, jusqu’à sa mort.
« Ce que le Père Damien a été, c’est progressivement qu’il l’est devenu, c’est jour après jour que s’est construite sa personnalité.
Comme pour un puzzle, chaque période de sa vie a ajouté une pièce nouvelle et c’est seulement quand la dernière a été mise en place qu’on peut voir l’ensemble du dessin, le visage du Père Damien » [1] .
Joseph de Veuster — le futur Père Damien — naît à Tremelo, en Flandre, le 3 janvier 1840 dans une famille nombreuse d’agriculteurs-commerçants.
L’atmosphère familiale, imprégnée des valeurs évangéliques, marque profondément Joseph. Plus tard, dans sa correspondance, il reprendra une exclamation de joie de sa mère : « Dieu soit loué ! »
Sa famille montre l’exemple de la Charité : tous les lundis, ils accueillent des mendiants et passent du temps avec eux.
Quand à l’appel que Dieu réserve à chacun des hommes, Joseph a devant les yeux la réponse de ses frères et sœurs plus âgés : deux de ses sœurs entrent chez les Ursulines, une se marie et son frère Auguste devient Père des Sacrés-Cœurs où il prend le nom de Pamphile.
Cette ambiance familiale ancrera en lui trois des éléments-clés de sa vie spirituelle : la confiance en la Providence, le souci constant de préparer sur terre son Salut éternel et sa grande dévotion à la Vierge Marie.
À dix-huit ans, alors que son père le destine à prendre la tête de l’exploitation familiale, Joseph comprend qu’il a la vocation religieuse et il décide de se consacrer à Dieu en entrant dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs où il rejoint Pamphile.

En février 1859, il commence son noviciat à Louvain sous le nom de Damien. Il y entame des études pour se préparer à la prêtrise.
Très rapidement, il se sent attiré par la vie missionnaire et prie saint François-Xavier de lui obtenir la grâce d’être un jour envoyé en mission.
C’est aussi pendant ces années de noviciat que frère Damien découvrit l’adoration du Saint-Sacrement, moment d’intimité avec Le Christ et source de force dans les épreuves.
En prononçant ses vœux, Damien met toute sa vie sous le signe d’un Dieu qui aime d’un Amour de prédilection les plus pauvres et les plus abandonnés de ses enfants.

Envoyé à Paris et séparé de sa famille par la distance, Damien en restera très proche par le cœur.
Les nombreuses lettres échangées à cette époque témoignent de l’affection qu’il porte aux siens.
Celle-ci se traduit surtout par un immense désir de les savoir sur le chemin du Ciel pour qu’ils y jouissent un jour du Bonheur éternel.
Ce souci des âmes et de leur Salut s’appliquera non seulement à ses proches, mais à tout homme. D’où son zèle missionnaire infatigable…
En 1863, son frère Pamphile, qui devait partir pour la mission des îles Hawaii, contracte le typhus.
Les préparatifs du voyage ayant déjà été faits, Damien obtient du Supérieur Général la permission de prendre la place de son frère.

Dans une lettre à sa famille où il annonce un départ imminent, on peut toucher du doigt les sentiments qui animent Damien :
« Le sacrifice est grand pour un cœur qui affectionne tendrement ses parents, sa famille, ses confrères et ce pays qui l’a vu naître.
Mais la voix qui nous a invités, qui nous appelle à faire généreusement cette offrande de tout ce que nous avons, est la voix de Dieu même.
C’est notre sauveur lui-même qui nous dit comme à ses premiers apôtres : “Allez, enseignez toutes les nations, leur apprenant à observer tous mes commandements. Et voici que je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles » [2].

Il débarque à Honolulu le 19 mars 1864 où il est ordonné Prêtre le 21 mai suivant, devenant ainsi, pour le reste de sa vie et pour le monde, le Père Damien.
Dès lors, il se jette, corps et âme, dans la dure vie de « Prêtre-missionnaire », comme il aimait à se définir, sur l’île de Hawaii, la plus grande de l’archipel.

Sur ce territoire où il ne dispose pas d’une habitation, il dort dans les huttes des Hawaiiens et partage leur repas.
Il est conscient de l’ampleur de sa tâche, mais compte sur la Providence pour l’y aider : « Si le Bon Dieu ne convertit pas les cœurs, le missionnaire a beau faire tout ce qu’il peut, tous ses efforts sont inutiles. Nous ne sommes que des instruments entre les mains du Bon Dieu » [3].

Très vite, Damien se prend d’affection pour ses ouailles : « J’aime beaucoup mes pauvres canaques à cause de leur simplicité et je fais tout ce que je puis pour eux » [4].
Isolé de ses confrères parfois pendant des mois, il souffre de ne pouvoir se confesser et de ne pouvoir compter sur aucun soutien humain et spirituel dans la tâche qui est la sienne.
Mais il fait confiance à la Providence et écrira par exemple : « Plus je suis exposé et abandonné à moi-même, plus j’ai le droit de compter sur le secours du bon Dieu » [5].
Il visite malades et mourants, enseigne le catéchisme, construit des chapelles et des églises, parcourant sans cesse les routes du district qui lui est confié.

Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement décide, en 1866, de déporter à Molokai, une île voisine, tous ceux et celles qui sont atteints de ce mal alors incurable (entre 600 et 1000 personnes).
Leur sort préoccupe toute la mission. L’Évêque, Mgr Maigret, en parle à ses Prêtres. Le 10 mai 1873, Damien est le premier à partir, sans poser de conditions ni faire de réserves. À sa demande et selon le désir des lépreux, il restera définitivement à Molokai. Il est alors âgé de trente-trois ans.

Dans cet enfer du désespoir, il apporte l’espérance. Il devient le consolateur des lépreux, le pasteur, le médecin des âmes et des corps, sans faire de distinction de race ni de religion.
Il donne une voix aux sans-voix.
Peu à peu, il construit une communauté dans laquelle la joie d’être ensemble et l’ouverture à l’Amour de Dieu donnent de nouvelles raisons de vivre.
Il avoue dans ses lettres que certaines choses lui pèsent beaucoup, comme l’odeur fétide qui se dégage des plaies des malades.

C’est pourquoi il s’est mis à fumer la pipe. Mais, derrière ces hommes en décomposition, il s’attendrit à l’idée que leurs âmes, elles, sont à l’image de Dieu : « Mon plus grand bonheur est de servir le Seigneur dans ses pauvres enfants malades, repoussés par les autres hommes. Je m’efforce de les amener tous sur le chemin du Ciel » [6].
Il partage tout avec eux : nourriture, maison, temps, prière, cœur, travail…

Ce travail consiste à construire un orphelinat pour mettre les petites filles à l’abri d’adultes indignes et des chapelles pour héberger Celui qui lui procure force et réconfort, à exercer de plus en plus la médecine qu’il apprend sur le tas et dans des livres…
Par amour de Jésus et de ses frères malades, il ajoute à son désir de sauver des âmes, celui de sauver des corps…

Un jour, en janvier 1885, en rentrant chez lui, il plonge son pied par inadvertance dans une bassine d’eau bouillante sans percevoir la moindre douleur : il comprend alors que lui-même a contracté la terrible maladie.
Loin d’être un surhomme, le Père Damien mettra presque une année entière avant d’accepter son sort et il n’y parviendra qu’au pied de l’autel, en rapprochant sa situation de celle de Jésus crucifié.
Petit à petit, il reçoit une sérénité qui ne le quittera plus jusqu’à la fin et qui ne sera départie par aucune difficulté, matérielle, morale ou spirituelle.
Il redouble alors d’ardeur à la tâche, prodiguant soins et consolations et administrant les Sacrements.

Le seul but de sa vie, comme il le répétait souvent, était de faire le plus de bien possible aux autres et surtout de plaire au Dieu tout-puissant.
Il souffre, mais il offre ses souffrances à Dieu, confiant en la constante Bonté de son Père du Ciel.
Il meurt le 15 Avril 1889, dans une pauvreté totale, après seize années de dévouement aux plus petits de ses frères, les malades, les lépreux. Son corps est ramené, en 1936, en Belgique, à Louvain.
Béatifié à Bruxelles, par le Pape Saint Jean Paul II, le 4 Juin 1995, le Père Damien restera pour tous un homme ordinaire — avec des défauts et des qualités — mais toujours à l’écoute de la voix de Dieu et tâchant d’ouvrir son cœur à tout homme, surtout aux délaissés.

Saint damien de molokai

http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8re_Damien.
Le Père Damien (né Jozef De Veuster le 03 Janvier 1840 à Ninde, Tremelo (Belgique), et mort le 15 Avril 1889 à Molokai, Hawaï) est un missionnaire belge, membre de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (dite de Picpus).
Le Père Damien est connu pour son travail de Missionnaire dans le Pacifique auprès des lépreux placés en quarantaine par les gouvernements locaux sur l'île de Molokai à Hawaï. Dans son dévouement, il contracta la lèpre en novembre 1884.
Malgré ses souffrances physiques, il poursuivit son travail de missionnaire jusqu'en 1889, année de sa mort.

Pour cette raison, il est considéré par l'Église Catholique comme un martyr de la Charité. Pour la communauté Catholique, le Père Damien est le Patron spirituel des lépreux.
Il a été fêté localement par les Hawaïens le 15 Avril.
L'Église Catholique l'a Béatifié et le célèbre le 10 Mai. Il a été Canonisé le 11 Octobre 2009 en la Basilique de Rome par le Pape Benoît XVI. 

Biographie

Jeunesse et formation

Jozef (Jef) de Veuster est né le 03 Janvier 1840 à Ninde (Tremelo), dans le Brabant flamand en Belgique, il est le septième enfant de Frans de Veuster, un marchand de maïs, et d'Anna-Katrien Wouters. Après avoir suivi l'enseignement primaire en flamand dans une école de Werchter, un village voisin, il est envoyé en 1858 à Braine-le-Comte pour y améliorer son français.
Il n'y reste pas longtemps : au début de l'année 1859 il arrive à Louvain pour y demander son admission chez les Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus, un ordre missionnaire chrétien fondé par Pierre Coudrin et Henriette Aymer de la Chevalerie en 1800.
Il commence son noviciat en Février, et prend pour nom "Damien" en référence à saint Damien. Il suit ainsi les pas d'Auguste, son frère aîné.
À la fin de son noviciat à Louvain, Damien est envoyé à Paris (au couvent de la rue de Picpus).
Il y prononce ses vœux le 07 Octobre 1860. Il fait "du latin et du grec du matin au soir" écrit-il à ses parents.
En septembre 1861, il est de retour à Louvain pour les études de philosophie et de théologie qui le préparent plus immédiatement au Sacerdoce.

Départ pour le Pacifique

En octobre 1863, un groupe de missionnaires est prêt à partir pour les îles du Pacifique. Auguste (en religion père Pamphile, qui vient d'être ordonné Prêtre) devrait en faire partie. Mais il tombe gravement malade, sans doute du typhus.
Damien se porte immédiatement volontaire pour le remplacer. Son offre est acceptée. Après un dernier pèlerinage « en famille » à Notre-Dame de Montaigu, il part pour Brême.
Le 30 Octobre 1863, Damien s'embarque.
Son frère Auguste restera de santé fragile et ne partira jamais en pays de mission. Cependant, ils resteront très liés et leur correspondance assidue est une source importante d'informations sur ce que fut la vie de Damien.

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Un Prêtre Missionnaire

Le 19 Mars 1864, à 24 ans, il débarque à Honolulu. Ce qui le frappe d'abord c'est l'accueil chaleureux des habitants et leur ferveur.
Quelques jours après la Pentecôte, le 21 Mai de la même année, il est ordonné Prêtre dans la Cathédrale d'Honolulu avec deux autres séminaristes. Désormais il signe ses lettres du seul titre qui lui tient à cœur : Prêtre-missionnaire.
Comme première mission, le jeune Prêtre est envoyé dans le district de Puna, au sud-est de l'ile d'Hawaï, littéralement au pied du volcan K?lauea. Il est presque toujours en route, visitant les communautés chrétiennes, Baptisant fréquemment et construisant des chapelles. Il en reçoit le surnom de « Prêtre-menuisier ».
Pour aider un confrère surchargé, il demande et obtient en 1866 son transfert dans les districts de Kohala et Hamakua, où il reprend ses tournées pastorales.
Bientôt il s'y retrouve seul Prêtre. Il lui coûte beaucoup de n'avoir personne à qui se confesser.
Le catéchisme, quatre écoles Catholiques à superviser et surtout la construction de chapelles l'occupent. Pour les chapelles il obtient l'aide d'un frère religieux.
Le Père Damien appartient à son époque : il vit la hantise des âmes qui se perdent faute de Baptême. La compétition avec les Protestants, avec lesquels les conflits sont fréquents, fait partie de l'effort missionnaire.
Kawaihae, Waiapuka, Waipio (1867) Kapulena (1868), Halawa (1870) sont quelques-unes de ces chapelles construites ou réparées. Les fidèles doivent participer au projet de « leur » chapelle, financièrement ou autrement.

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Sur l'île de Molokai

Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement avait décidé, en 1865, de créer une léproserie à Molokaï, une île voisine, et d'y déporter tous ceux qui étaient atteints de ce mal alors incurable. Leur sort préoccupe les autorités religieuses.
Le 04 Mai 1873, l'Évêque lance un appel aux Missionnaires. Il cherche des volontaires pour se rendre à tour de rôle apporter un secours spirituel aux lépreux de l'ile de Molokaï.
Damien se trouve parmi les quatre volontaires choisis.
Le 10 Mai 1873, l’Évêque et le père Damien débarquent à Molokaï. Il restera définitivement à Molokaï.
A Honolulu, la presse locale l'acclame comme un héros.
Les malades arrivent par navires entiers à Molokaï. Le Prêtre-missionnaire est ému : Les pauvres Chrétiens à moitié mourant criaient à grands cris pour avoir un Prêtre avec eux. Pendant sept ans, bien des malheureux sont morts sans recevoir soit le Baptême, soit les Sacrements des mourants.
Dans cet enfer, il devient le Pasteur des 800 lépreux, ainsi que leur médecin. La progression de la maladie est rapide et effrayante ; la mortalité élevée.
Il partage leur vie et est amené à prendre en main les problèmes matériels de ses fidèles. Peu à peu, il construit une vraie communauté avec une église, des chemins, un hôpital, une école, un orphelinat, et organise la vie sociale et éducative comme religieuse de ses lépreux. Il s'identifie à eux : « Nous autres lépreux », écrit-il dans ses lettres.

Son amour évangélique pour les lépreux force l'admiration de tous, y compris d'un médecin agnostique, Arthur Mouritz qui visite régulièrement l'île entre 1883 et 1888.
Il lui rendra un vibrant témoignage. Les protestants également sont admiratifs même si le Père Damien n'est pas tendre avec eux : Les hérétiques sont toujours en embuscade pour surprendre mes pauvres Chrétiens.
Son Catholicisme intransigeant ne l'empêche pas de voir le bien que font certains protestants, comme ce luthérien allemand, représentant du gouvernement dans la léproserie de Molokaï. « Il n'a plus qu'un petit pas à faire pour être tout à fait Catholique ».

En octobre 1881, Damien reçoit la plus haute décoration hawaïenne. Dans la lettre qui accompagne la décoration de Chevalier-Commandeur de l'Ordre royal de Kalakaua, la princesse Liliuokalani, alors régente du Royaume de Hawaï, lui exprime en termes très chaleureux sa profonde admiration.
À en juger par la mention qu'il en fait dans ses lettres, Damien est touché par cette reconnaissance publique de son œuvre.

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Lépreux parmi les lépreux

En décembre 1884, le docteur Arning informe le père Damien : il est atteint par la lèpre. Le diagnostic est confirmé en janvier 1885.
Il en parle à son ami Charles Stoddard : « Je suis réputé moi-même attaqué de la terrible maladie. Les microbes de la lèpre se sont finalement nichés dans ma jambe gauche et dans mon oreille. Ma paupière commence à tomber ».
Au début de 1886 une lettre de l'Évêque d'Honolulu en annonce la nouvelle dans un périodique missionnaire Catholique.

Mais, débordant la presse confessionnelle et locale, elle fait rapidement le tour du monde. Les médias font de Damien un soldat héroïque blessé à mort sur le champ de bataille de la lèpre.
Les dons affluents.
Une souscription est ouverte sur le journal The Times londonien par l'ecclésiastique anglican, le Docteur Chapman.
Des volontaires arrivent à Molokai : l'abbé Conrardy en mai 1888 et trois religieuses Franciscaines en novembre.
Les supérieurs religieux de Damien sont débordés, et peu contents de voir toute l'attention du monde et des bienfaiteurs se tourner vers un seul homme, ignorant le travail des autres missionnaires.
Damien n'accepte pas facilement ce qui lui arrive. Il était tellement convaincu d'être protégé par la Vierge Marie pour qui il a une dévotion sans bornes !
Dans sa correspondance il évite d'abord le mot 'lèpre'. Après quelques mois, il se résigne et fait face avec courage.
Dans une lettre à son provincial : « Il n'y a plus de doute pour moi : je suis lépreux ». Homme de Foi, il ajoute « Que le Bon Dieu soit Béni ! »

A l'épreuve physique s'ajoute une épreuve morale. Son compagnon lui est retiré. Damien est de nouveau seul Prêtre à Molokaï.
Plus grave encore - la lèpre étant souvent associée à la syphilis à l'époque - il est soupçonné d'avoir eu des relations sexuelles.
Il accepte de se soumettre à un examen médical (le docteur Arning) qui se révèle négatif. Finalement, son supérieur restreint drastiquement ses visites et contacts à Honolulu.
Damien est un homme très seul, soutenu cependant par l'Amour de ses lépreux.
Il l'écrit lui-même dans ses lettres : plus que la lèpre ce sont les soupçons et incompréhensions de ses supérieurs qui le font souffrir.

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Sa mort

Damien continue cependant ses activités pastorales comme le développement des deux villages sous sa responsabilité, Kalawao et Kalaupapa : canalisations d'eau, agrandissement de l'hôpital, route entre les deux villages, reconstruction de l'église.
Médicalement il s'observe et s'analyse, communiquant ses idées sur la propagation de la lèpre. Il reçoit beaucoup d'aide financière, et des volontaires le visitent, mais il reste seul.

Avec quatre collaborateurs, il continue ainsi d'assumer sa mission jusqu'à 2 semaines avant sa mort, le 15 Avril 1889 à Kalaupapa sur l’île de Molokaï, Hawaï à l'âge de 49 ans.
Le 12 février 1889 il avait écrit une dernière lettre à son frère, le Père Pamphyle : « je suis toujours heureux et content, et quoique bien malade, je ne désire que l'accomplissement de la sainte volonté du bon Dieu… »

Robert Louis Stevenson se rend à Hawaï pour rencontrer toutes les personnes ayant connu le Père Damien, à la fois des amis et des accusateurs.
Il revient en Angleterre et publie dans le Times une longue description de la vie de Damien, balayant au passage les violentes critiques et démontrant leur fausseté une par une.
D'après lui, les deux raisons principales sont la méconnaissance de la maladie (on croyait que la syphilis était le premier stade de la lèpre, donc que Damien n'aurait pas respecté son vœu de chasteté) et la jalousie des Missionnaires protestants dont C. M. Hyde de l'île d'Hawaï qui ont vu leur « public » décroître au fur et à mesure que la célébrité de Damien croissait.

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Hommages, Béatification, Canonisation.

  • Son corps est rapatrié en Belgique par le Mercator en 1936, et termine son long périple à Louvain, où il est inhumé dans la crypte de l'église Saint-Antoine.
  • En 1945, le Mahatma Gandhi rend hommage à l'héroïsme du Père Damien : « Le monde politique et journalistique ne connait pas de héros dont il peut se glorifier et qui soit comparable au père Damien de Molokaï ».
  • Lorsque Hawaï accède à la fédération des États-Unis, ce sont les statues du roi Kamehameha (1959) et du Père Damien que ce nouvel état choisit de placer au Capitole de Washington comme « personnes ayant joué un rôle important dans son histoire ».
  • En 1989, la Belgique organise l'année Damien.
  • La ville de Tremelo a fait une fête en l'honneur de Damien. Le bourgmestre a voulu inviter Barack Obama.

Le 04 Juin 1995, il est Béatifié par le Pape Saint Jean-Paul II. Après cette cérémonie une relique (main droite) du père Damien a été transférée à Molokaï et y a été enterrée le 22 Juillet 1995 à Kalawao.

Le 03 Juillet 2008, il a été annoncé que la Congrégation pour les causes des saints, puis le Pape Benoît XVI ont approuvé la Canonisation du Père Damien.
La nouvelle a été transmise au Cardinal et primat de Belgique Godfried Danneels. Benoît XVI l'a Canonisé le 11 Octobre 2009.
Barack Obama affirme le jour même son "admiration" pour la vie du Père Damien de Molokaï.

Liturgie

  • Il est de coutume de fêter un Bienheureux ou un Saint le jour de sa mort, du "Dies Natalis". Pour saint Damien de Molokaï, mort un 15 avril, il en va autrement. Pour mettre en relief la figure de Damien et pour éviter que sa Fête Liturgique ne tombe lors des Fêtes de Pâques, Jean-Paul II a choisi la date du 10 mai. Ce jour correspond à l'arrivée du Père Damien à la léproserie de Molokaï en 1873.
  • Neuvaine au Père Damien: À l'occasion de la Canonisation du Père Damien, "Damiaan Vandaag", le Centre Damien de Louvain, a présenté une nouvelle version de la neuvaine écrite en 1995. Cette neuvaine est largement diffusée aux pèlerins qui se rendent sur la tombe de l'Apôtre des Lépreux.
  • Liturgie des Heures: Les offices sont à prendre au Commun des Saints. L'oraison est propre à saint Damien (voir dans les commentaires en bas de page). Pour l'Office des Lectures, la deuxième lecture regroupe trois extraits de lettres écrites par le Père Damien.
  • Propre de la Messe en l'Honneur de Damien: Un changement important dans la Célébration est à signaler depuis la Canonisation. Désormais, l’Evangile est celui du lavement des pieds en Jean 13.

 

Héritage

Action Damien

Action Damien vit le jour en 1964. Cette organisation non gouvernementale (ONG) Belge lutte contre la lèpre, la tuberculose et la leishmaniose (ou lèpre des montagnes) dans 14 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, en travaillant presque exclusivement avec du personnel local.
Elle finance aussi des recherches scientifiques. Plus de la moitié de ses besoins sont couverts par la population Belge, notamment par la vente de marqueurs lors de la campagne annuelle du dernier week-end de janvier.

L'association Damien de Molokaï

L'association Damien de Molokaï a été créée par de jeunes étudiants en 1993 à Paris. Son action est inspirée de trois aspects de la vie de Saint Damien : son travail auprès des marginaux, sa détermination à ce que chaque homme et chaque femme puisse trouver son épanouissement personnel, et enfin son respect des différences.

Damien 2

Saint Damien de Molokai
(Apôtre des lépreux) 1840-1889

"Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. " (Mt 11, 28-30)

Le Père Damien passait des heures devant le Saint-Sacrement. « Je trouve ma consolation dans mon unique compagnon qui ne me quitte plus, c’est-à-dire notre divin Sauveur dans la Sainte Eucharistie. »
Grâce au P. Damien, l'enfer de Molokaï, fait d'égoïsme, d'immortalité et de désespoir, se transforme peu à peu en une communauté authentique.

« C’est au pied de l’autel que nous trouvons la force nécessaire dans notre isolement. Sans le Saint-Sacrement, une position telle que la mienne ne serait pas soutenable. Mais ayant Notre Seigneur à mes côtés, eh bien ! je continue d’être toujours gai et content.
Avec cette gaieté de cœur et le rire sur les lèvres, je travaille avec zèle au bien des pauvres malheureux lépreux et petit à petit, sans trop d’éclat, le bien se fait…
[Jésus au Saint-Sacrement] est le plus tendre des amis avec les âmes qui cherchent à Lui plaire.
Sa bonté sait se proportionner à la plus petite de ses créatures comme à la plus grande. Ne craignez donc pas dans des conversations solitaires, de L’entretenir de vos misères, de vos craintes, de vos ennuis, de ceux qui vous sont chers, de vos projets, de vos espérances, faites-le avec confiance et à cœur ouvert. » (lettre à son frère, 13 déc 1881)
Chronologie
1840 : 3 janvier, Naissance de Joseph de Veuster, au village de Tremelo, en Belgique.
1858 : Joseph entre à l’école moyenne de Braine-le-Comte (Belgique) pour y apprendre le francais.
1859 : 2 février, Joseph de Veuster prend l’habit religieux chez les Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus à Louvain, en Belgique. Il prend le nom de Damien et rejoint ainsi son frère Pamphile dans le même Institut.
1863 : Départ pour les îles Hawaï, le 30 octobre
1864 : 4 mai, Ordination sacerdotale en la cathédrale
d’Honolulu, à Hawaï.
1873 : Le Père Damien de Veuster est missionnaire
dans les diverses îles de l’Archipel des Hawaii dans le Pacifique. Ouverture de la léproserie de Molokaï en 1866.
1873 : 10 mai, entrée du Père Damien à la léproserie
de Molokaï.
1884 : En fin de cette année, le Père Damien se découvre lépreux. Alertée par la presse, l’opinion internationale s’émeut du sort des lépreux.
1889 : Le 15 avril, le Père Damien meurt lépreux.
1995 : Damien est Béatifié.
11 octobre 2009 : Damien est Canonisé.

Voici des extraits de ces lettres

Kalawao, Molokai, le 26 novembre 1885
…J'ai été très peiné par l'autorisation que N.T.R.P. a envoyée à mon confrère, P. Albert, de s'en retourner à Tahiti.
Depuis ce temps, je suis toujours seul. Le bon P. Columban vient de deux à trois mois pour me confesser et s'en retourne de suite.
Je viens même d'être empêché par notre supérieur, le P. Léonor, de me rendre à Honolulu quand dans l'intervalle je voudrais voir un confrère.
Je ne sais trop où cela va aboutir. Je me résigne cependant à la divine Providence et trouve ma consolation dans mon unique compagnon qui ne me quitte pas, c'est-à-dire Notre Divin Sauveur dans la Sainte Eucharistie.
C'est au pied de l'autel que je me confesse souvent et que je cherche le soulagement aux peines intérieures.
C'est devant Lui, ainsi que devant la statue de notre sainte Mère, que je murmure quelquefois, en demandant la conservation de la santé.
Je continue de m'occuper de mon double orphelinat d'enfants lépreux dont le nombre monte au-delà de 40.
La moitié d'entre eux, très avancés dans la maladie, n'attendront pas pour aller au Ciel. Je voyage ordinairement en voiture pour aller de l'une de mes églises à l'autre.
Le dimanche, je Célèbre ordinairement deux Messes, je prêche quatre fois et donne deux fois la Bénédiction du Saint-Sacrement…

Kalawao, Molokai, mai 1886
…De plus, la terrible maladie dont vous connaissez le commencement fait des progrès effrayants, et menace de me rendre irrégulier sinon impotent pour Célébrer la sainte messe, et n'ayant Pas d'autre Prêtre, je serai privé même de la Sainte Communion et du Saint-Sacrement. C'est cette privation qui me coûtera le plus et me rendra ma position insoutenable…

Kalawao, Molokai, 26 août 1886
…Immédiatement après la Messe, sans laisser au curé le temps de déjeuner, la procession se forme, la Croix et un grand drapeau bien lourd à paner ouvrent la marche, puis tambours et instruments de musique en fer blanc suivis de deux associations avec leur drapeau hawaiien.
Après viennent les deux ligues de femmes Chrétiennes, suivies des hommes, puis les chantres toujours dirigés par mon bon Petero aveugle, qu'un homme robuste guidait sous un parasol; enfin les thuriféraires, les fleuristes, etc, puis le dais entoure de quatre lanternes champêtres ornées de fleurs des champs.
Un reposoir portatif bien orné augmentait l'ornementation de la procession; en arrivant à la résidence du superintendant, il fut déposé sous la véranda, où j'exposai le Saint-Sacrement. Grâce à la prolongation du chant nous pûmes reposer sur le beau gazon nos pieds et jambes malades et fatigués de la longue marche pendant que nous y fîmes dévotement l'Adoration. Après la Bénédiction, la procession retourna par le même chemin et le même ordre à l'église…

Kalawao, Molokai, iles Sandwich, le 26 août 1886
Révérend monsieur, J'ai bien reçu votre lettre si hautement estimée du 4 juin. Je remercie Notre Divin Sauveur d'avoir, par l'exemple d'un pauvre Prêtre qui accomplit en toute simplicité les devoirs de sa vocation, allume dans votre cœur ce noble esprit de la douce vie du sacrifice de soi-même.
Comme vous le dites dans votre lettre, le Saint-Sacrement est vraiment le stimulant pour nous tous, pour moi comme pour vous, qui pousse à renoncer à toutes les ambitions du monde.
Sans la présence continuelle de Notre Divin Maître à l'autel de mes pauvres chapelles, je n'aurais jamais pu persévérer à jeter mon sort avec les lépreux de Molokai.
Les conséquences en étaient prévues, mais maintenant elles commencent à se manifester sur la surface de mon corps et se font sentir dans tout mon système.
Comme la Sainte Communion est le pain de tous les jours pour le Prêtre, je me sens heureux, bien content et résigne dans le milieu quelque peu exceptionnel où il a plu à la Divine Providence de me placer…

Kalawao, Molokai, 5 octobre 1886
…Je suis réputé attaqué moi-même de la terrible maladie. Les microbes de la lèpre se sont finalement nichés dans ma jambe gauche et dans mon oreille. Ma paupière commence à tomber.
Il m’est impossible de me rendre encore à Honolulu parce que la lèpre devient visible. Bientôt ma figure sera endommagée, je suppose.
Étant sûr que la maladie est réelle, je reste calme et résigné et je suis même plus heureux parmi mon monde.
Le bon Dieu sait ce qui est mieux pour ma sanctification et dans cette conviction je dis tous les jours un bon fiat voluntas tuas…

Kalawao, Molokai, îles Sandwich, le 9 novembre 1887
…Bien que la lèpre ait fortement empoigné mon corps et m'ait défiguré un peu, je continue d'être fort et robuste et les terribles souffrances de mes pieds ont disparu.
Jusqu'ici la maladie n'a pas encore déformé mes mains et je continue à dire tous les jours la Sainte Messe.
Ce privilège est ma plus grande consolation, pour moi aussi bien que pour le bonheur de mes nombreux compagnons de misère, qui tous les dimanches remplissent assez bien mes deux églises où je réserve continuellement le Saint-Sacrement. 50 orphelins vivent ici avec moi et ils prennent presque tout mon temps libre. La mort a diminué le nombre de mes malades de manière qu'il m'en reste encore environ 500…

Kalawao, le Vendredi saint 1 1888, 4 heures du matin
Mon révérend père,
C'est la quinzième année que nous observons l'Adoration nocturne, tout lépreux que nous sommes.
J'ai reçu votre petit mot pour l'envoi des caisses américaines. Les matelots du Mokolii me dirent hier soir que lundi le Kilauea doit encore une fois venir pour notre port. Veuillez en profiter pour nous les expédier…

J. Damien des SS. CC.

Date de dernière mise à jour : 10/05/2024

Commentaires

  • Frère Bruno Dussardier

    1 Frère Bruno Dussardier Le 09/05/2014

    Bonjour.

    Je cherche pour demain l'oraison propre à Saint Damien.

    Merci!

    Frère Bruno
    parrot pierre

    parrot pierre Le 10/05/2014

    http://ssccpicpus.fr/article.asp?contenu_ssrub=SAINT+DAMIEN+DE+VEUSTER+-+LITURGIE+DES+HEURES&contenu_rub=Bx+DAMIEN+DE+MOLOKA%CF En ce qui concerne Liturgie des Heures, lors de la fête liturgique de saint Damien, le 10 mai de chaque année, les offices sont à prendre au Commun des Saints. L'oraison est propre à saint Damien. Le livret présenté ici reprend l'Office des Lectures dans son entier. La deuxième lecture regroupe trois extraits de lettres écrites par le Père Damien. Le livret comprend aussi deux prières à saint Damien: "Rendre grâce à Dieu pour le père Damien de Molokaï" et, "Prier Damien de Veuster". Oraison de la fête de saint Damien Dieu, Père de miséricorde, tu nous as donné en saint Damien un témoin merveilleux d'amour pour les pauvres et les délaissés accorde-nous, par son intercession, de nous mettre aussi au service des nécessiteux et des exclus en fidèles témoins du Cœur de ton Fils. Lui qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

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